Mythes et mensonges de l’origine hébraïque syriaque du Coran ou copie de la bible

Mot à dire :

Des pseudos chercheurs et certains qui se disent orientalistes colportent le mythe de l’origine non divine du Noble Coran et que c’est une copie d’une obscure bible hébraïque écrite en syriaque.Ils ont le culot d’apprendre aux musulmans la source de leur noble livre.Leurs complots contre l’Islam ne datent pas d’hier.Ils ont inventé mille et un mythes pour discréditer la seule religion de vérité qui ait été donnée au monde.Mais leurs complots n’ont pas et ne pourront jamais porter préjudice au Message d’Allah Le Très-Haut,contenu dans le Noble Coran,car protégé par la puissance divine : »Et l’Esprit fidèle(LAnge Gabriel/Djibril) est descendu avec cela (Le Coran)sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe très claire « . (Coran 26 : 193-195)
« En vérité c’ est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’ est Nous qui en sommes gardien.  » (Coran, 15 : 9).

LE CORAN N’EST PAS ET NE PEUT ÊTRE UNE COPIE DE LA BIBLE. PREUVE DANS CETTE VIDÉO :

Ahmed Miloud

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Le Coran d’origine syriaque ? Réponse à la thèse farefelue de Mingana et Luxenberg

Au Nom de Dieu, Clément et Miséricordieux
« …Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin !»
Saint-Coran, Sourate 20 Verset 47

1. Introduction


L’histoire de l’Orientalisme est assez particulière. Selon quelques uns parmi eux, l’histoire de l’Islam et des Musulmans serait probablement un Grand Mensonge. Ils ont ainsi réclamé que les sources Arabes à propos de l’Islam sont fondamentalement peu fiables alors que les sources non-islamiques et les opinions spéculatives sont totalement prises pour véridiques.

En ce qui concerne le Coran, ils considèrent qu’il n’y avait jamais eu de révélation faite au Prophète (saws), mais simplement une compilation massive de textes liturgiques emprunté aux Judéo-chrétiens et aux traditions Zoroastriennes.

Un exemple d’un tel orientaliste est le Révérend Alphonse Mingana qui a entrepris d’apprendre aux Musulmans l’histoire de la transmission de leur Livre sacré ainsi que l’histoire de l’alphabet Arabe !!! Son hypothèse était que le Coran était très imprégné du Syriaque.
« L’auteur » a intégré un ensemble de mots empruntés au Syriaque dans la lecture Coranique et a donc provoqué une révolution linguistique de ce saint livre (1).

Mingana a catalogué le présumé vocabulaire Syriaque dans le Coran et a soutenu la présence répandue du Christianisme Syriaque (en Arabie) et son rôle important dans les origines d’Islam. Son travail, avec celui plus complet d’Arthur Jeffery  » The Foreign Vocabulary Of The Qur’an » (2) a donné l’élan pour une recherche supplémentaire dans le rapport entre le « Vocabulaire Etranger » du Coran et les circonstances historiques de son apparence.
Récemment, le travail de Mingana a été ressuscité avec la publication de Christophe Luxenberg « Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache » (3)

En ce qui concerne l’origine de la langue arabe, Mingana appelle complètement à l’ignorer.
Il va même affirmer que les langues écrites à la Mecque et Médine devaient être le Syriaque ou l’hébreu :

« Si tous les signes ne nous trompent pas, très peu de phrases sibyllines, le cas échéant, ont été écrites dans la période du prophète. Le genre de vie qu’il a mené, et le caractère rudimentaire de la lecture et de l’écriture dans cette partie du monde en lequel il est apparu, sont les témoins suffisants en faveur de cette vue. Notre ignorance de la langue arabe dans les premières périodes de son évolution est telle que nous ne pouvons même pas savoir avec certitude si elle avait sa propre forme écrite à la Mecque et à Médine. Si un quelconque genre d’écriture existait dans ces deux localités, celui-ci doit avoir quelques similarités avec l’Estrangelo (c-à-d, Syriaque) ou aux caractères hébreux » (4).

Quant aux voyelles arabes, il écarte les avis des auteurs arabes et les remplace par les auteurs Araméens ainsi que ses propres avis spéculatifs. Il dit :

« Le premier créateur des voyelles arabes est inconnu de l’histoire. Les avis des auteurs arabes, sur ce point, sont sans aucune valeur pour être cités… Si nous pouvons avancer notre propore opinion, nous pensons qu’un traité complet et systématique sur ces voyelles n’a été élaboré qu’à la dernière moitié du VIIIème siècle, et nous croyons qu’une telle tentative pourrait avoir été faite avec succès seulement sous l’influence de l’école de Baghdâd à ses débuts.
D’une part, en dépit de l’insuffisance des raisons pour assumer une date plus rapprochée, nous n’avons pas de manuscrits ornés de voyelles qui peuvent confirmer qu’ils sont d’une date antérieure ; d’autre part, la dépendance de ces voyelles aux voyelles araméennes nous oblige de trouver un centre où la culture de la langue Araméenne fleurissait, et ce centre est l’école de Baghdâd, qui était, comme nous avons déjà énoncé, sous la direction des disciples Nestoriens, et d’où un traité sur la grammaire de Syriaque a été écrit par le célèbre Ishaq Ibn Hunayn » (5) .

Il a également affirmé cela :
« La base des voyelles arabes s’appuie sur les voyelles araméenes. Les noms donnés à ces voyelles est une preuve irréfutable de la véracité de cette affirmation. Ainsi le « fath » correspond dans l’appellation et dans le bruit au « ftâha » Araméen  » (6).

Suivant d’une façon très proche la démarche de Mingana, Luxenberg prétend qu’avant l’apparition de la littérature arabe, la langue principale de l’écriture était le syro-araméen ou Syriaque. Ce qui le poussa de supposer que les origines de l’arabe littéraire et du Coran doivent être cherchées dans les communautés Araméenne et chrétiennes.

Cette hypothèse a été prise pour pouvoir prétendre que la Mecque n’était pas une colonie Arabe mais plutôt une colonie Araméenne et que les résidants de la Mecque ont parlé un mélange d’Aramo-arabe (7) (ou Arabo-araméen).
Cette langue, apparemment non connue ou non comprise en dehors de la Mecque (?), est bientôt tombée dans un état d’oubli et aucune tradition fiable n’a existé pour prouver son existence (8). (bien sûr c’est uniquement Luxenberg qui détient cette information et connaît son existence).

Par conséquent, selon Luxenberg, les premiers Savants Musulmans, qui ont écrit un siècle et demi après le décès du prophète, étaient sous la fausse impression que le Coran a été écrit dans l’arabe classique ; donc, il n’était pas surprenant qu’ils n’ont pas compris ce qu’ils lisaient (9).
À cet égard, Luxenberg représente une coupure radicale par rapport aux théories précédentes, y compris celles de Jeffery et Mingana.

Sous couvert des ces suppositions, Luxenberg commence sa quête pour trouver le « vrai » texte Coranique en utilisant ses propres méthodes graphiques et linguistiques.
Ce sont ses prétentions pour le côté graphique de son analyse qui nous intéresse dans cet article. En réclamant qu’il manque dans les documents arabes antérieurs des points diacritiques et marqueurs des voyelles, Luxenberg a pris la liberté de changer les points diacritiques et les voyelles à volonté.

Le travail de Luxenberg a eu une large couverture publicitaire par les journaux New York Times, The Guardian et Newsweek. Son livre est-il réellement un discours qui ouvre un nouveau chemin d’interprétation ou une autre tentative d’un coup médiatique ?

Ceci nous a incité à évaluer les revendications de Luxenberg et à examiner les bases sur lesquelles elles se fondent. Dans cet article, nous voudrions examiner les suppositions de Mingana et de Luxenberg au sujet des origines des divers aspects de l’écriture arabe. Nous comparerons également l’écriture Arabe à l’écriture Syriaque ainsi que son développement.
On démontrera que Mingana et Luxenberg s’étaient basés sur des hypothèses erronées concernant l’écriture Arabe.

2. Origines de l’écriture Arabe


Comme cité précédemment, Mingana a reconnu son ignorance à propos de l’évolution de l’écriture Arabe et de la présence d’un alphabet arabe pendant l’avènement de l’Islam. Il a même prétendu qu’à la Mecque et à Médine la langue écrite « aurait été » le Syriaque ou l’Hébreu.

Quant à Luxenberg, il a supposé ce qui suit :
« Quand le Coran a été composé, l’Arabe n’a pas encore existé comme langue écrite ; ainsi il m’a semblé évident qu’il était nécessaire de prendre en compte, surtout, l’Araméen, qui alors, entre le 4ème et le 7ème siècle, était non seulement la langue de communication écrite, mais également la lingua franca de cette région de l’Asie occidentale ».

En ce qui concerne l’histoire de l’Arabe comme langue écrite, elle est mieux dépeinte par les inscriptions suivantes qui sont aussi bien préislamiques que postislamiques du 1er siècle et qui montrent le développement progressif de l’écriture Arabe.
Les inscriptions ci-dessous prouvent que l’écriture Arabe avant l’arrivée de l’Islam a clairement eu un alphabet bien développé.

Les Inscriptions de Raqush (Jaussen-Savignac 17): Les plus anciennes inscriptions Arabes Préislamiques (date 267)
Healey et Smith l’ont accepté comme document arabe le plus ancien (10)

Les Inscriptions Jabal Ramm: IVème siècle
Cette inscription est le deuxième plus vieux contenant écrit de l’alphabet arabe jusqu’ici découverte après l’inscription de Raqush. La grammaire en cette inscription est l’arabe classique (11)

Inscription en Arabe Préislamique à Umm Al-Jimal.
La grammaire dans cette inscription est l’arabe classique (12)

L’inscription trilingue Préislamique de Zebed: Grec, Syriaque et Arabe daté à 512.
C’est une inscription trilingue. L’arabe, bien qu’il ne traduit pas le complètement le texte grec, énumère simplement six noms qui ne sont pas tous mentionnés en Grec.

Inscription Préislamique Jabal Usays daté à 528.
C’est la seule inscription arabe préislamique avec contenu historique

Inscription préislamique de Harran daté à 568
Une inscription bilingue Grec-Arabe de Harran, près de Damas, Syrie. (13)

Inscription près de Médine : Début de l’Hégire année 4AH -01
Inscription près de Médine : Début de l’Hégire année 4AH -02
Inscription près de Médine : Début de l’Hégire année 4AH -03
Ce sont des inscritptions du Mont Sal près de Médine. Elles sont datées à l’an 4 de l’hégire (14).
L’écriture Kufi est très intéressante. Grohmann a comparé l’écriture à celle de manuscrits Coraniques en Kufi et il a conclu que la ressemblance est « très saisissante. » (15)

Ces inscriptions détaillées ci-dessus fournissent la preuve suffisante d’un alphabet arabe articulé et elles sont bien suffisantes pour réfuter les suppositions spéculatives de Mingana et de Luxenberg.

En outre, Bellamy présentant ses observations sur les inscriptions de Jabal RammUmm al-Jimal et Harran indique :

« N’importe qui jette un coup d’œil à ces inscriptions et les compare à l’échantillon de Coran… discernera un nombre très élevé de caractères qui n’ont pas changés du tout, ou très peu, en 1600 ans qui se sont écoulées depuis qu’elles ont été écrites »(16) .

Nous devrions également préciser que Nabia Abbott a également réfuté les arguments de Mingana en utilisant le papyrus arabe le plus vieux qui soit connu PERF No. 558 provenant de l’Egypte. Si l’arabe était en effet si primitif dans sa patrie pendant l’arrivée de l’Islam, comme réclamé par Mingana, comment a-t-on pu rationaliser son utilisation si pratique en Egypte dans un délai très court et en une écriture cursive bien développée ?

Abbott dit :

« L’état de l’écriture arabe du temps de Mohamed (saws) est indiqué par PERF No. 558 (notre plaquette IV-V), un papyrus arabe du règne d’Omar daté de l’an 22 de l’Hégire avec une écriture assez bien développée qui a été rédigé dans la province éloignée de l’Egypte, où le Grec et le Copte étaient l’utilisation écrite de langues en général.
Si l’arabe écrit était si primitif et rare dans sa propre patrie à l’heure de la mort de Mohamed, comment expliquons-nous son utilisation pratique en Egypte seulement une douzaine d’années après cet événement ?
Encore, pour justifier le développement inachevé de l’orthographe, nous aurons raison de suspecter seulement l’exactitude orthographique des premières éditions du Coran mais pas la possibilité de son existence (orthographe).

À cet égard, il est intéressant de noter que nulle part dans les traditions de la transmission du Coran (à ses débuts) n’a eu lieu des soupçons à propos des difficultés graves orthographiques ou vocales ; plutôt c’est les différences dans les dialectes tribaux arabes et des différences provenant de l’utilisation de l’arabe par des étrangers qui semblent exiger l’attention.
Les considérations antérieures nous mènent à croire que, si nous tenons compte de telles erreurs commune que les auteurs et les copistes sont exposés à faire, les auteurs arabes du temps de Mohamed et de la période des premiers Califes étaient des scribes capables de produire une édition acceptable d’un Coran écrit en dépit du manque de toutes améliorations de l’arabe écrit moderne »(17).


Luxenberg mentionne les inscriptions Arabes Préislamiques du livre de Grohmann dans »Arabische Paläographie » (18). Tirant des déductions de la forme de l’alphabet proto-arabe, il dit qu’il est sûr d’assumer que l’écriture cursive syro-araméenne (c-à-d, Syriaque) aurait servi comme modèle à l’écriture arabe (19).

 

Ce qui devient maintenant presque incroyable est que Luxenberg utilise « Arabische Paläographie » de Grohmann comme source pour soutenir son argument que l’écriture syro-araméenne a servi de modèle à l’écriture arabe.

 

En fait, Grohmann dans son livre, était l’un des premiers Savants à réfuter les origines de l’écriture Arabe à partir du Syriaque (20).

 

T. Nöldeke était le premier à établir le lien entre le Nabatéen et l’écriture Arabe en 1865, qui a été plus tard confirmé par Grohmann contre la thèse Syriaque de J. Starcky.
L’affiliation entre le Nabatéen et l’écriture Arabe a été maintenant entièrement documentée par J. Healey qui dit :
« Le développement de l’écriture Nabatéenne aux 2nd, 3ème et 4ème siècle est habituellement vu comme une progression de forme dérivée du premier Araméen vers les formes à partir desquelles (cursif occidental) l’écriture proto-arabe s’est développée, bien que nous devrions tenir compte du point de vue de J. Starcky, basé en partie sur l’observation, que l’écriture Nabatéenne, à la différence du Syriaque et de l’Arabe, est essentiellement suspendue par une ligne supérieure, que l’origine de l’écriture Arabe doit être cherchée sous une forme Lahmide de l’écriture Syriaque. Ce point de vue a été reçu avec peu d’égards. Actuellement, l’origine Nabatéenne de l’écriture Arabe est presque universellement acceptée » (21).Des conclusions semblables ont été également tirées par Nabia Abbott (22), Kees Versteegh (23) et Beatrice Gruendler (24). On devrait également noter que les origines de l’écriture proto-arabe n’a rien à voir avec l’écriture syro-araméenne de Luxenberg ; plutôt, c’est à partir de l’écriture Nabatéenne qu’elle a commencé.

 

Ainsi l’hypothèse de Luxenberg, que l’écriture Syro-araméenne a été le « modèle » pour l’écriture Arabe est d’une manière concluante réfutée.


3. Signes diacritiques et de voyelles Arabes à partir du Syriaque ?

Les signes diacritiques et de voyelles aux premiers jours de l’Islam ont été nommés comme « nouqat » (ou points). Les points diacritiques différencient les graphèmes ou les lettres qui se partageant le même squelette tel que le ح du ج.
Ceux-ci sont connus en tant que « nouqat al-i‘jām » et étaient bien connus aux Arabes avant même l’avènement de l’Islam. Les marques de voyelle ou « nouqat al-i‘rāb » (ou le tashkīl), qui peuvent prendre la forme de points ou d’inscriptions conventionnelles, ont été inventés par Abou Al Aswad Al-Douali (69H/688) comme nous allons le voir par la suite (25).

Examinons maintenant cette question d’emprunt.

3.1 Les Marques Diacritiques

Il a été supposé par des Savants, avec certaines réserves, que les origines des marques diacritiques et des voyelles proviennent du Syriaque (26). Nous avons déjà vu les avis de Mingana dans la note précédente (27). Luxenberg est d’avis que les points diacritiques pour le ܕ(dolath) et le ܪ (rish) dans l’écriture Syriaque auraient pu avoir servi de base à l’alphabet arabe (28).

Dans l’alphabet Syriaque, seulement deux caractères possèdent les points diacritiques : ܕ(dolath) et ܪ (rish). Par comparaison l’alphabet arabe contient un total de quinze caractères pointillés : ب, ت, ث, ج, خ, ذ, ز, ش, ض, ظ, غ, ف, ق, ن, ة.
Concevoir que les Arabes ont emprunté leurs nombreux points au Syriaque devient une proposition difficile à soutenir (29).

D’ailleurs, nous avons l’évidence préslamique claire de l’utilisation des points diacritiques, par exemple, l’inscription de Raqush (année 267) a les points diacritiques sur les lettres د, le ش et le ر l’inscription de Jabal Ramm (4ème siècle) a les points diacritiques pour les lettres ج, le ي et le ن ; et une inscription curieuse de Sakakah contient des points liés aux lettres Arabes ب, au ت et au ن.

A l’évènement de l’Islam, le papyrus PERF No. 558 (22H/642) montre de nombreux points diacritiques sur les lettres ج, le خ, le ذ, le ز, le ش et le ن. Les points sont également clairs pour les lettres ز, le ق et le ن dans le papyrus bilingue P. Mich. 6714 (daté à 22-54H/642-674).
Il y a également des exemples de points diacritiques dans les inscriptions islamiques primaires, par exemple, une inscription de Wadi Sabil (46 H/666) avec un point en dessous de la lettre ب ; et une inscription près de Ta’if sur un barrage construit par le Calife Mouawiya (58 H/677) montre l’utilisation des points diacritiques pour les lettres ي, le ب, le ن, le ث, le خ, le ف et le ت.

Etant donné le fait que toutes ces informations on été publiées avant que Luxenberg ait édité son livre, il est étonnant de le voir prétendre (citant Blachère) que la tradition islamique soit incapable d’indiquer exactement quand les points diacritiques ont été finalement « fixés », selon un processus qui a pris trois cents ans (30).

Si nous prenons l’évidence des inscriptions et du papyrus dont la datation évidente précède le Coran d’Othman (Mushaf Otman), nous constatons qu’il y a dix caractères pointillés (sur quinze) qui ont le même modèle de points qu’utilisé aujourd’hui.

Pas étonnant, que Gruendler un spécialiste en écriture Arabe, en utilisant les exemples des inscriptions, des papyrus et des pièces de monnaie de la période islamique primaire, déclare :

« Le système diacritique avait accompli son développement dans la première moitié du premier siècle islamique, bien que des points (ou les traits) aient été employés sélectivement et sporadiquement (étant considéré plutôt comme clarification additionnelle que comme partie intégrale de l’alphabet) » (31).

Nous savons déjà que les origines de l’écriture Arabe et des points diacritiques n’a rien à voir avec l’écriture syro-araméenne de Luxenberg. En conséquence, il n’est pas étonnant que les diacritiques auraient pu venir à l’écriture Arabe à partir de l’écriture Nabatéenne. Healey déclare:

« … nous pouvons suspecter que le concept des points diacritiques soit venu aux Arabes avec l’écriture Nabatéenne,… » (32).

Il est clair que Luxenberg est déjà en défaut sur deux assertions, c-à-d, aussi bien que sur l’origine de l’alphabet arabe que sur les points diacritiques pour différencier entre les lettres partageant le même squelette.

Maintenant voyons comment il interprète la question des marques de voyelle.

3.2 Marques de Voyelles

Comme nous avons déjà vu, Mingana avait prétendu que l’origine des voyelles Arabes est inconnue à l’histoire et que les avis des auteurs Arabes sont  « sans valeur » pour être cités. Par contre, il a avancé ses propres « opinions » (sans valeur ou autrement) en disant que l’origine des voyelles arabes est basée sur les voyelles Syriaques. La seule preuve offerte par Mingana est la similitude dans les noms des voyelles Syriaques et Arabes. Le « fatha » de l’arabe correspond dans l’appellation et dans le bruit au « ftâha » Araméen (33).

D’autre part, Luxenberg a introduit une autre dimension dans cette question des signes des voyelles. Il revendique que le système Arabe des voyelles, a été établi après le modèle du système de vocalisation proto-syro-araméen, pour la désignation des courtes voyelles « a », « ou » et « i » par des points. Il a également supposé que l’addition des points pour les voyelles courtes à de divers endroits a été introduit dans le règne d’Abd Al-Malik Ibn Marwan (régné 685-705).

Luxenberg applique sa technique « Epreuve et Erreur » sur le « Sab’at Ahruf » du Coran et la relie aux sept signes des voyelles Syriaques, le système d’écriture développé par Jacob d’Edessa(décédé 708). Tabari (décédé 310H/923) mentionne également un récit qui indique qu’il y avait cinq lectures (c-à-d., khamsah ahruf) du Coran, que Luxenberg suggère correspondre aux cinq signes des voyelles Syriaques (34).

Le thème commun dans les arguments de Mingana et de Luxenberg est leur usage de la spéculation par laquelle ils prétendent les origines Syriaques des voyelles Arabes. En d’autres termes, le système de vocalisation Syriaque était déjà en place avant que les Arabes ne l’aient emprunté. Ils diffèrent seulement dans leur utilisation des sources.

Mingana rejette les avis des auteurs Arabes qu’il considère « sans valeur » tandis que Luxenberg est trop heureux d’embrasser l’opinion d’un auteur Arabe pour soutenir son hypothèse de l’origine Syriaque.

Analysons d’abord le cas de Mingana. Son unique preuve pour affirmer que la base des voyelles Arabes est issue sur les voyelles Syriaques est que le « fatha » de l’Arabe correspond dans l’appellation et dans le bruit au « ftâha » Araméen. Jacob d’Edessa étant la première personne à présenter des voyelles en Syrie occidentale (35).

Cependant, l’utilisation des noms avec voyelles (syriaques) est apparue au XIIIème siècle dans les écritures de Bar Hebraeus (décédé 1286). Il est supposé que Bar Hebraeus aurait suivi la terminologie qui avait été préalablement (et en partie) introduite par Jacob d’Edessa, en raison des sources syriaques tardives sur les origines de l’orthographe et de la grammaire Syriaque.

Elias bar Sinaya (XIème siècle) (appelé aussi Elie de Nisibe) était peut-être la première personne à donner des noms aux voyelles en Syrie orientale (le schéma 1). En Syrie occidentale, les cinq voyelles, appelées « Voyelles Grecques » et selon des manuscrits datés sont apparues après 839 (36).

Quant aux voyelles Arabes, Abou Al Aswad Al-Douali (décédé 69H/688) était le premier à les avoir inventés. Ibn Al-Nadim (Décédé 385H/995) a écrit dans son livre « Al-Fihrist » :

« Abou Oubayda a relaté :
Abou Al-Aswad a initié la grammaire d’Ali Ibn Abi Taleb (paix soit avec lui), mais il n’a révélé à personne ce qu’il avait appris d’Ali, jusqu’à ce que Ziad (le gouverneur de Bassorah de 45 à 53 H) l’ait nommé pour la composition d’un manuel pour servir de guide au peuple, de sorte qu’il puisse comprendre le livre d’Allah.

Abou Al-Aswad a décliné cette tache, jusqu’à un jour où il a entendu un lecteur réciter « que Dieu désavoue les Idolâtres et son Prophète » (Coran 9:3, lisant Rasulihi, au lieu de Rasuluhu a donné un sens incorrect qui devait être « que Dieu et Son messager, désavouent les Idolâtres ». Alors il a dit, « je n’ai jamais supposé que l’état du peuple arriverait à ceci ! », ainsi il est revenu à Ziad et lui dit, « je ferai ce que l’Emir a commandé. Trouve-moi un scribe qui soit intelligent et obéissant à ce que je lui dis. « Ils lui ont apporté donc, un scribe de la tribu Abd Al-Kays, mais Abou Al-Aswad n’en a pas été satisfait. Alors ils lui ont procuré un autre scribe au sujet duquel Abbas Al-Moubarrad a dit, « je le considère comme l’un de ceux qui sont intelligents ». Ainsi Abou Al-Aswad a indiqué au scribe « si vous voyez que j’ouvre ma bouche en prononçant une lettre, placez un point dessus. Si je ferme ma bouche (faisant le son OU), placez un point devant la lettre, et si je fende mes lèvres, mettez un point double. « Ainsi a été conçu le système d’inscription d’Abou Al-Aswad ». (38)

Cependant, c’est la version Arabe Originale qui détaille le système des points et qui nous intéresse ici. Abou Amr Al-Dani indique :

« Mohamed Ibn Yazid Al-Moubarrid a dit : Quand Abou Al-Aswad Al-Douali a formalisé la grammaire, il a dit : « Cherchez-moi un homme habile à prendre des notes ». Nous avons recherché tel homme, et nous n’avons trouvé personne, excepté dans (la tribu de) Abd Al-Qays. Abou Al-Aswad lui a indiqué : « Quand tu me vois prononcer une lettre, en réunissant mes lèvres (fa-dhammatu), mets un point avant la lettre ; si je réunis mes lèvres (fa-dhammatu) avec une nasalisation, mets deux points avant cette lettre.
Si j’abaisse mes lèvres (kasratu), mets un point sous la lettre ; si j’abaisse mes lèvres (kasratu) avec nasalisation, mets deux points sous cette lettre. Si tu me vois ouvrir mes lèvres (fathatu), mets un point au-dessus de la lettre ; si j’ouvre mes lèvres (fathatu) avec nasalisation, mets deux points au-dessus de cette lettre ».

Abou Al-Abbas (Al-Moubarrid) a indiqué : Par conséquent le pointillage au Bassorah demeure en Abd Al-Qays jusqu’aujourd’hui » (39).

Nous voyons de ce qui a précédé qu’Abou Al-Aswad Al-Dauali (décédé 69H/688) était responsable de la notation des point des trois voyelles et le nounation (attanwin) que le nom des voyelles (Fatha, Dhamma et Kasra) sont issues de leurs articulations. Ainsi ce premier travail de grammaire arabe était une tentative de décrire la structure de la langue et une réalisation précise des valeurs phonétiques des voyelles courtes.

Abou Al-Aswad Al-Douali était l’inventeur des voyelles aussi bien que leurs noms liés à leurs articulations. En outre, l’arrangement de la vocalisation d’Abou Al-Aswad est également constaté dans certains manuscrits coraniques du 1er et 2nd siècle de l’hégire.

Ainsi la revendication de Mingana que la base des voyelles arabes est basée sur les voyelles des Araméens devient insoutenable. D’ailleurs, nous avons déjà vu que le nom « ftâha » n’a pas rejoint la phraséologie syrienne jusqu’autour du milieu du 9ème siècle ; plus de 150 ans après la mort d’Abou Al-Aswad Al-Douali.

En outre, il n’y a aucune appellation correspondante dans le Syriaque pour la Dhamma et la Kasra du système arabe des voyelles. Par conséquent l’utilisation de Mingana du « ftâha », juste une simple voyelle du Syriaque, pour réclamer que les Arabes ont emprunté leurs voyelles aux Syriens, est plutôt Incorrect.

De même, la revendication de Luxenberg que la conception des voyelles courtes « a », « ou » et « i » par des points, a été après le modèle du système de vocalisation proto-syro-araméen et qu’elles sont apparues pour la première fois sous le règne d’Abd Al-Malik Ibn Marwan n’est pas solide du tout.

Dans le cas du Syriaque, la période du 3ème au début du 7ème siècle (c.-à-d., jusqu’à l’avènement de l’Islam) est marquée par une utilisation presque exclusive du point diacritique. Seulement vers la fin de cette période qu’à commencé à apparaître les signes qui ont dénoté les voyelles « e » et « a » ; avant ce développement, aucun signe spécifique n’a été utilisé pour les diverses voyelles (40).

Dans le Syriaque, un point est placé soit au dessus, soit en dessous de la ligne pour servir en même temps un double objectif. Il est employé d’une part pour différencier entre l’utilisation de « y », « w », » ‘  » et « h » comme voyelles et comme consonnes et d’autre part pour différencier entre les homographes. En ce qui concerne le second cas, un point peut également différencier les homographes d’une voyelle qui a deux phonèmes en contraste : un point au dessus dénote un homographe qui a une voyelle du groupe « a » en tant que phonème distinctif, alors qu’un point en dessous (ou l’absence de tout point) dénote un homographe qui a un phonème du groupe « i » ou « ou » (41).

Ceci est hors contexte avec la revendication de Luxenberg qui suggère que le système de vocalisation syro-araméen a été employé comme modèle pour la conception des voyelles courtes « a », « ou » et « i » dans l’écriture Arabe. Le système des points dans l’écriture Syriaque était clairement insatisfaisant et eu comme conséquence l’évolution de deux systèmes de vocalisation, l’oriental (ou Nestorien) et l’occidental (ou Jacobite) comme indiqué dans la figure précédente.

Comme Mingana, Luxenberg n’a pas prêté attention au fait que les besoins des vocalisations de l’Arabe et du Syriaque sont fondamentalement différents. Les systèmes de vocalisation Syriaques et Arabes ont dû faire face aux difficultés résultant de la nature bivalente de certaines lettres qui sont à la fois des consonnes (ou semi-vocales) et des rétroflexes.

La nécessité de différencier entre les anciennes et les nouvelles voyelles a bien existé aussi bien en Arabe qu’en Syriaque ; il était, cependant, plus délicat dans le dernier cas, c.-à-d., le Syriaque. En Arabe la situation est plutôt simple, puisque les lettres ي, و et ء (c.-à-d., w, y et ‘) servent comme des voyelles, en règle générale, seulement quand ils n’ont aucun signe de vocalisation. Pour le Syriaque, la différentiation entre les deux genres en question n’a pas pu être basée sur un tel principe automatique. Par conséquent, le Syriaque, à la différence de l’Arabe, a dû développer d’autres méthodes pour réaliser la différentiation de la voyelle et de la notation consonante (42). Donc, il n’est pas étonnant de constater que la notation Arabe des voyelles a pris un itinéraire complètement différent du celui du Syriaque.

 » Cependant, le parcours que la notation des voyelles Arabes a finalement pris diffère considérablement de celui de l’araméen et de l’hébreu. Parmi les langues sémitiques qui se servent des signes de vocalisation, l’arabe est le seul à indiquer dans son orthographe, tous les phonèmes des voyelles longues mais aucun des voyelles courtes.
Ainsi l’arabe a établit une opposition cohérente et nette entre sa notation interne et externe des voyelles qui est, entre les valeurs de ses voyelles et ceux des signes de vocalisation respectifs…. cette opposition dans l’inscription est corrélée avec une caractéristique structurale de la langue – l’opposition quantitative des phonèmes des voyelles  » (43).

Il n’est pas surprenant que l’arrangement des points adopté par Abou Al-Aswad Al-Douali était fondamentalement différent de celui du Syriaque. L’arrangement d’Abou Al-Aswad a démarqué les voyelles courtes (« a », « ou » et « i ») et la nounation « Attanwin » (« an », « oun » et « in ») ; comme prévu, aucune longue voyelle (« a: », « ou: » et « i: ») n’a été abordée puisque l’orthographe arabe tient compte de cela. En contraste, sous sa forme la plus complète, le système syrien a des signes pour « a », « a: », « e », « e: », « i », « o » et « ou ». D’autre part, le système syrien occidental, a des signes pour « a »,  » å « , « e », « i » et « ou ».

Maintenant, notre attention est attirée par une autre question soulevée par Luxenberg. Premièrement, il présente deux Hadiths qui traitent les différences de la lecture entre les compagnons et leur résolution par le prophète. Ces récits se rattachent à la révélation du Coran dans le « sab‘at ahruf” ou sept modes (44).

Ceci est représenté par Luxenberg comme la nature indéterminée du texte consonantal du Coran. Il argue également, que ce sont des histoires postérieures qui reflètent ce qui devait avoir été un souvenir faible de l’imprécision de l’alphabet Arabe et par conséquent de la lecture du texte, que les premiers savants ont interprété comme « sab‘at ahruf”(7 modes).

Deuxièmement, en utilisant sa méthodologie heuristique, Luxenberg déduit que le « sab‘at ahruf” du Coran relatés par le prophète sont reliés aux sept signes des voyelles Syriaques, le système d’écriture développé par Jacob d’Edessa. En outre, il évoque un Hadith cité par Tabari qui dit qu’il y avait cinq lectures (c.-à-d., khamsah ahruf) du Coran, dont il suggère qu’ils correspondent aux cinq signes des voyelles des Syriens occidentaux.

Le point crucial de la question tourne autour de la date du Hadith de la révélation du Coran « sab‘at ahruf” qui nous indiquera alors si le hadith est récent ou ancien (par rapport au décès du Prophète). Si nous traçons  » le faisceau de l’Isnad » (c-à-d., la chaîne de transmission) du hadith d’Oubay Ibn Kaab (comme mentionné par Luxenberg), nous devrions pouvoir tirer quelques conclusions au sujet des origines de cette tradition de la révélation du Coran dans le « sab‘at ahruf”. (Pour plus de détails voir la note originale en Anglais : http://www.islamic-awareness.org/Quran/Text/Mss/vowel.html)

Ce hadith et ses variantes sous forme de textes légèrement plus courts ou avec changement de certains mots sont considérablement enregistrés dans les collections bien connues d’Ibn Hanbal (décédé 241H/855) dans son « Musnad », Muslum (décédé 261H/874) dans son « Sahih », Abu Dawoud (décédé 275H/888) dans son « Sunan » et Al-Nasaî (décédé 303H/915) dans son « Sunan ». Ils précédent tous Tabari (décédé 310H/923).

Cependant, on bien peut prétendre que le récit de la révélation du Coran en « sab‘at ahruf” n’est pas présent dans les collections précédant le Musnad d’Ahmad Ibn Hanbal. Ceci peut être paré en disant qu’il existe d’autres Hadiths reportés par Omar Ibn Al-Khattab et Abdallah Ibn Abbas qui mentionnent la révélation du Coran « sab‘at ahruf”. (Pour plus de détails voir la note originale en Anglais : http://www.islamic-awareness.org/Quran/Text/Mss/vowel.html)

Ce récit de la révélation du Coran en « sab‘at ahruf” par Omar a été rapporté par Ma’mar Ibn Rashad (46) (décédé 153H/770) dans son « Jami’ », Malek Ibn Anas (décédé 179AH/795) dans son « Mouwatta » (47), Al-Shafi (décédé 204H/819) dans son « Musnad », Ibn Hanbal (décédé 241H/855) dans son « Musnad », Boukhari (décédé 256H/870) dans son « Sahih », Mulim (décédé 261H/874) dans son « Sahih », Abu Dawoud (décédé 275H/888) dans son « Sunan », Al-Tirmidhi (décédé 279H/892) dans son « Sunan » et Al-Nasaî (décédé 303H/915) dans son « Sunan ».

Le faisceau d’Isnad montre que la plus ancienne occurrence connue de ce hadith est dans une collection Ma’mar Ibn Rashad. En d’autres termes, ce hadith était déjà connu et en circulation dans la première moitié du deuxième siècle de l’Hégire, si nous considérons la mort de Ma’mar comme « terminus post quem« .

Il est également intéressant de noter que l’Isnad de Ma’mar se réfère à l’auteur Mohamed Ibn Muslim connu sous le nom d’Ibn Shihab Al-Zuhri (décédé 124H/741). Il est le lien commun. Ceci est également confirmé en étudiant aussi bien l’Isnad que par comparaison des différents « Matns » (c.-à-d., le texte du hadith) comme c’est l’usage dans les diverses collections (48). Un « Matn » très court à propos du hadith du sab‘at ahruf existe également et qui a, Al-Zuhri comme lien commun.

On peut bien prétendre qu’Al-Zuhri pourrait avoir inventé le récit du Hadith du « sab‘at ahruf » et l’avoir fait largement circulé car il était le lien commun (49). Cependant, il y a des arguments qui contredisent cette hypothèse (50). C’est parce qu’il a reçu l’information non seulement d’Ourwa Ibn Al-Zubayr (décédé 94H/712) mais également d’Oubaydallah Ibn Abdallah (décédé 126H/743).

Ourwa a reçu le hadith d’Abd Al-Rahman Ibn Abd Al-Qari et Al-Mansour Ibn Mokhramah ; tous les deux l’ont entendu d’Omar Ibn Al-Khattab. D’autre part Oubaydallah, l’avait entendu d’Abdallah Ibn Abbas. Par conséquent nous avons deux récits d’Al-Zuhri nous parvenant de deux compagnons différents du prophète, sur deux chaines de transmission différentes. En outre, si nous comparons les deux récits de la révélation du Coran dans le « sab‘at ahruf » d’Obay et d’Omar, Al-Zuhri est absent dans l’Isnad du premier.

Ceci confirme encore que Al-Zuhri, qui était le lien commun dans le hadith d’Omar, ne pourrait pas avoir été le faussaire du hadith de la révélation du Coran « sab‘at ahruf ». En d’autres termes, nous pouvons sans risque conclure que les hadiths de la révélation du Coran en « sab‘at ahruf » étaient déjà en circulation dans le premier siècle de l’Hégire avant la mort d’Ourwa Ibn Al-Zubayr (décédé 94H/712).

Si nous comparons la datation de ce Hadith avec le résultat de la méthodologie heuristique de Luxenberg proposant que le « sab‘at ahruf » est relié aux sept signes des voyelles Syriaque, le système d’écriture développé par Jacob d’Edessa (décédé 708), nous constatons que la liaison entre le « sab‘at ahruf » et les sept voyelles Syriaques est évidemment fausse. Qu’est-ce que la récitation d’un livre dans sept modes a à faire avec les sept voyelles Syriaues? Rien. En outre, l’arrangement des voyelles par Jacob d’Edessa n’a eu aucune notoriété parmi les Syriens occidentaux et il est resté inutilisé jusqu’à Bar Hebraeus (décédé 1286).

 » Les sons précis des voyelles dans l’arrangement de Jacob a cependant continué d’être inutilisé dans l’écriture des Syriens occidentaux. Ses innovations, comme il avait lui-même prévu, n’ont pas été acceptées dans l’alphabet conventionnel. Ils n’ont apparu en aucun manuscrit, excepté ceux de son propre grammaire, et ils sont restés ignorés jusqu’à la période de Bar Hebraeus.
Pourquoi l’expérience de Jacob n’a jamais été plus qu’un courageux intervalle ? Nous ne pouvons que seulement supposer. Peut-être le conservatisme Syrien s’est rebellé contre l’altération de la forme traditionnelle du texte biblique, qui était la base même de toute la littérature, pareil à toute activité théologique en Syriaque. Peut-être le nouveau système aurait perturbé trop violemment la structure fondamentale des formes basiques verbales et nominales…. » (51)

Sommes-nous censés accepter qu’un arrangement de voyelles qui n’a pas même gagné de notoriété en Syrie occidentale au temps (même de son inventeur) de Jacob pourrait avoir influencé la tradition de la révélation du Coran dans le « sab‘at ahruf » ? En contemplant l’ensemble des preuves disponibles, la réponse est clairement non !

Il serait utile de mentionner aussi que l’arrangement d’Abou Al-Aswad a été transmis par Yahya Ibn Ya’mar (décédé 90H/708), Nasr Ibn ‘Asim Al-Laythi (décédé 100H/718) et Maymoun Al-Aqran. C’était Al-Khalil Ibn Ahmad Al-Farahidi (décédé 170H/786) qui a finalement remplacé le modèle des points avec des formes spécifiques pour les trois voyelles courtes ; un petit و pour la voyelle « ou », un petit ا pour la voyelle « a », et une petite partie de ي pour la voyelle « i. Il a également changé le signe du « shadda », en utilisant un petit س. L’arrangement d’Al-Khalil a obtenu rapidement une grande popularité comme le mentionne Versteegh :

« La réforme d’Al-Khalil, le système d’orthographe arabe a été presque accompli et, indépendamment de très peu signes additionnels, il est demeuré depuis, essentiellement le même » (52)

Comme nous l’avons observé, la standardisation du système de vocalisation en Syrie occidentale et orientale était moins rapide que celui de l’arabe.

3.3 Les Points dans les premiers manuscrits Coraniques:

Puisque les marques diacritiques étaient déjà fixées avant la première moitié du premier siècle de l’Hégire et les signes des voyelles ont été inventés un peu plus tard par Abou Al-Aswad Al-Douali, il ne serait pas étonnant de constater que les musulmans employaient déjà les manuscrits pointillés vers la fin du premier siècle de l’Hégire. Abou Amr Al-Dani a rapporté deux récits qui jettent de la lumière sur ce fait.

« Il nous a était à relaté qu’Ibn Sirine a possédé un Mushaf (livre de Coran) qui a été pointillé par Yahya Ibn Y’amor (décédé 90H/708). Et Yahya était le premier à avoir mis les points. Ces trois personnes sont parmi les successeurs éminents de Bassora… » (53).

Le second récit, dit :

« Khalaf Ibn Ibrahim a dit : Ahmad Al-Makki m’a indiqué : Al-Qasim m’a indiqué : Abd Al-Rahman Ibn Mahdi m’a indiqué de Hammad Ibn. Zayd ; de Khalid al-Hadda’: J’avais l’habitude de suivre un Mushaf (livre de Coran) d’Ibn Sirine qui a été pointillé » (54)

Il serait utile d’ajouter, qu’au début, chaque centre (culturel) semble avoir pratiqué une convention légèrement différente. Par exemple, Ibn Oshta signale que le Mushaf d’Isma’il Al-Qust (100-170H/718-786), l’Imam de la Mecque porte un arrangement de points différent (en comparaison) avec celui employé par les Irakiens (55).

Les Savants de Sanaa ont suivi encore un autre modèle (56). Cependant, à la fin du premier siècle, la convention de Bassorah est devenue si populaire que même les Savants de la Médine l’ont adoptée (57).
Ce n’est pas étonnant donc de voir que certains manuscrits Coraniques du 1er et 2nd siècle de l’Hégire montrant la preuve de l’utilisation du modèle de voyelles instauré par Abou Al-Aswad Al-Douali. La fréquence des points diacritiques et des signes des voyelles est variable (dans les textes) et même dans des manuscrits écrits totalement avec des voyelles on peut trouver des textes dans lesquels les points diacritiques ont été omis.

4. Histoire de la couverture du livre

Le livre de Luxenberg devrait-il être jugé par sa couverture ?

Il est étrange qu’un livre qui revendique le titre « La lecture syro-araméenne du Coran – Une contribution au déchiffrement du langage Coranique » « Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache » (The Syro-Aramaic Reading of the Qur’an – A Contribution to the Deciphering of Qur’anic Language) ait une page de couverture qui n’est pas proportionné à son titre. On s’attendait à ce que l’auteur aurait présenté une preuve importante sous forme de manuscrit, ou une inscription pour montrer l’évidence de la lecture syro-araméenne du Coran.
Une telle preuve sur la page de couverture du livre aurait convenablement assorti le titre provocateur.Cependant, à notre surprise la page de couverture est assortie d’un manuscrit du Coran du 1er siècle de l’Hégire nommé MS. Arabe 328a provenant de la Bibliothèque Nationale de Paris (58). Une photocopie de ce manuscrit a été éditée par Déroche et Noseda en 1998 (59). Ce manuscrit est transcrit dans une écriture Hijazi, sans les voyelles et avec quelques rares points diacritiques (60).Encore et en plus, discréditant la thèse de Luxenberg, une étude récente sur ce manuscrit Hijazi a conclu qu’il avait été écrit dans le qira’at (lecture) d’Ibn `Amir (décédé 118H/736), une des lectures qui sera plus tard considérée de manière indiscutable comme « Moutawatir » par Ibn Moujahid (décédé 324H/926) (61).

Quoiqu’il n’y a aucune marque de voyelle et quelques rares marques diacritiques dans le manuscrit MS Arabe 328(a), le texte met en relief clairement les consonnes et, dans une série de fragments aussi étendus que ce dernier, il y a, heureusement, assez de variantes pour permettre la détermination précise de la lecture.

Un autre manuscrit relatif au MS Arabe 328(a) est le MS Or. 2165 de la Bibliothèque Britannique de Londres. Tous les deux manquent de voyelles. À la différence du MS Arabe 328(a), dans le MS Or. 2165, les consonnes sont fréquemment différenciées par des tirets, ainsi, ils permettent l’identification de plus de variantes là où la forme de la consonne est désignée d’une manière différente.

L’étude de Dutton a prouvé que ce manuscrit est remarquablement semblable au manuscrit du 1er siècle MS Arabe 328a de la Bibliothèque Nationale de Paris, et qu’il a été écrit aussi dans le qira’at (lecture) d’Ibn `Amir (62).

Se Basant sur la similitude entre le MS Arabe 328a et MS Or. 2165, il suggère de re-dater ce manuscrit au temps juste avant le Calife Omeyade Walid (régné 86-96H), c-à-d, au cours de la période 30-85 de l’Hégire avec la certitude sur la date de la fin de période.

D’autres manuscrits remontant jusqu’au 3ème siècle de l’Hégire, montrent l’évidence des qira’at(lectures) tels que le KFQ93 (63) (2ème siècle de l’Hégire), KFQ28 (64) (3ème siècle de l’Hégire), KFQ19 (65) (3ème siècle de l’Hégire) et KFQ16 (66) (3ème/4ème siècle de l’Hégire) ; ils appartiennent tous à la Collection d’art islamique de Nasser David Khalili, Londres, Royaume-Uni.

Nous devrions également mentionner l’intérêt de Sibawayhi (décédé 170-180H) pour les qira’at, qu’elle soit attribuée à une autorité, ou purement hypothétique. Cet intérêt ne s’oppose pas au respect de Sibawayhi pour le texte coranique déjà établi. A partir de son étude des lectures du Coran dans « Kitab » de Sibawayhi, Brockett a conclut :

« tandis que cette première période était bien plus exempte de la tradition et encore moins systématisée, elle était néanmoins une période dans laquelle le texte du Coran a été fermement placé dans des limites étonnamment étroites » (67).

Selon Luxenberg, l’alphabet Arabe utilisé dans le Coran a commencé en tant qu’un certain genre de sténographie, un dispositif mnémonique non prévu comme solution aux sons vocaux de la langue. Il conclut alors que la transmission du texte de Mohamed (saws) n’était pas probablement une transmission orale par mémoire, contrairement à une des affirmations principales de la tradition islamique (68).

Supposant que c’est vrai, alors comment on explique-t-il l’évidence des qira’at dans les manuscrits Coraniques, juste du premier siècle de l’Hégire ? Pour que la théorie de Luxenberg soit valide (selon sa thèse), le Coran doit être deux choses différentes à la fois: d’une part, un document du 7ème siècle paléographiquement congelé qui représente le travail de Mohamed (saws), et d’autre part, un texte altéré qui a été plus tard modifié par les savants Musulmans qui n’ont rien compris de son contenu. Il ne peut pas être les deux cas à la fois.

D’ailleurs, nous avons déjà vu que les Musulmans, au premier siècle de l’Hégire ont développés les signes diacritiques ainsi que les voyelles pour assurer la transmission correcte du Coran aussi bien en qu’en orale.

En outre, l’étude de Whelan à propos des inscriptions coraniques sur le Dôme du Rocher (à Jérusalem), des sources littéraires mentionnant les inscriptions coraniques dans la mosquée du prophète (saws) à Médine et aussi de la présence des copistes professionnels du Coran, a déjà démontré l’évidence de la consignation écrite du Coran au 7ème siècle ou au premier siècle de l’Hégire (69).

A partir de ces faits, la supposition de Luxenberg concernant l’instabilité du texte Coranique durant les deux premiers siècles de l’Hégire devient insoutenable.

5. Maintenant l’évidence !


La thèse fondamentale du livre de Luxenberg, et que le Coran a été écrit dans une langue hybride Arabo-Araméenne avec des emprunts aux écritures saintes chrétiennes transcrites en Araméen (des exemples doivent être donnés à partir du Coran afin de supporter cet thèse).

L’argument est essentiellement circulaire. Afin de supporter sa grande idée que le Coran est un document Arabo-Araméen copié sur des textes Araméens chrétiens, il a ignoré ce qui ne devait pas être adaptable à cette idée (c’est un problème commun à ceux développent des grandes idées). Ceci a eu comme conséquence de le pousser à prétendre le contraire des affirmations bien établies tels que l’écriture syro-araméenne a servi de modèle à l’écriture Arabe et que le système des voyelles et des points diacritiques Arabes sont basés sur le modèle Syro-araméen.Pour faire avancer ses grandes idées à propos du Coran, Luxenberg a supposé que la Mecque n’était pas une colonie Arabe mais une colonie Araméenne et que les résidants de la Mecque ont parlé un « l’aramäische-arabische Mischsprache », un mélange Arabo-araméen. Il a également prétendu que juste avant l’arrivée de l’Islam, l’araméen était non seulement la langue écrite de communication, mais également la lingua franca de cette région de l’Asie occidentale.

Au contraire, l’arabe était beaucoup plus répandu, dans le Moyen-Orient avant l’Islam, que Luxenberg en lui avait alloué, et nous avons suffisamment de preuves sous forme d’inscriptions (figure 3).

Figure 3 : Répartition géographique du Syriaque préislamique, du Nabatéen et des inscriptions arabes (70). Chaque point coloré représente le lieu d’existence des inscriptions sans tenir compte de leurs nombres. Par exemple, en Petra (Nabatéen) et Edesse (Syriaque) et leurs abords, des centaines d’inscriptions ont été découverts. Elles sont toutes représentées par un point coloré simple dans la figure ci-dessus.

La diffusion géographique des inscriptions arabes préislamiques s’étendent du Zebed au cœur même du pays de la langue Syriaque dans le Nord à Mada’in Saleh au Sud et d’Abou Darag (Egypte) à l’Ouest à enfin Sakakah à l’Est.

L’Araméen syrien ou le Syriaque était la langue, que Luxenberg a indiqué comme étant celle avec laquelle le Coran a été partiellement écrit. La concentration des inscriptions préislamiques Syriaques sont confinées dans la région d’Edesse de l’actuelle Turquie. Le Syriaque est certainement très loin de la région du Hedjaz et en particulier de la Mecque ! Les inscriptions préislamiques Syriaques au sud de Damas sont presque inexistantes (une exception étant au Jabal Usays, au sud-est de Damas), excepté ceux écrits par des voyageurs ou des pèlerins (71).

A la fin du VIème siècle, l’écriture Araméene n’était pas aussi répandue que l’avait prétendu Luxenberg. Le Grec l’avait surplombé dans beaucoup de secteurs comme lingua franca principale au Moyen-Orient (72). La conquête du Proche-Orient par Alexandre le Grand a ouvert la voie à la langue et à la culture Grecque, la pénétration de l’hellénisme dans toutes les villes et à la campagne était irréversible. Avant l’avènement de l’Islam, le Grec est déjà devenu la langue prédominante de l’Asie occidentale. Bowersock précise ce qui suit :

« … l’impact puissant de la culture Grecque peut être constaté partout quelques siècles plus tard dans la province impériale romaine de la Syrie. La ville des caravanes Palmyre était complètement bilingue… Mais dans les villages et les régions rurales de la Syrie centrale et méridionale, le Grec peut être de nouveau vu comme la langue locale de vénération, unissant les adorateurs des cryptes et des lieux saints qui s’étendent partout. Quoi que mal estimées, en général, les inscriptions grecques sont plus fréquentes dans la campagne de la Syrie antique que le Syriaque… A la veille de l’Islam, l’hellénisme a continué d’être une force puissante. Les Chrétiens qui pratiquaient le Grec, ne sont jamais parvenus à s’en séparer, et les Chrétiens parlant le Syriaque ont découvert qu’ils ne pourraient pas exister sans l’incorporer dans leur littérature et langue » (73).

C’est évident à l’examen des preuves, particulièrement les inscriptions grecques, où environ 90% des inscriptions du VIème siècle dans le Proche Orient sont en Grec (74). Le Syro-Araméen ou Syriaque, la langue dont Luxenberg indique que le Coran avait été partiellement écrit avec, a été principalement parlée dans la région d’Edesse au sud de la Turquie actuelle, loin de la région du Hedjaz et en particulier de la Mecque.

Les zones ombragées sur la carte n=° 4 montrent approximativement les régions où l’écriture Araméenne a été fleurissante durant la période allant de 900 AJC jusqu’à la conquête Arabe et les zones où les Syro-araméens (c.-à-d., ceux qui parlent le Syriaque) sont connus avec certitude pour avoir conquis cet espace durant cette période (75).

La carte a été établie par des références externes à l’Araméen et aux noms distinctifs Araméens et religieux. On remarque bien qu’il y a une différence entre les deux modèles. Dans de vastes régions où l’écriture Araméenne a été employée, il est clair que les populations indigènes n’étaient pas des Araméens. Les Perses et le Parthes sont l’exemple le plus clair ainsi que les souverains indiens qui ont également utilisés l’écriture Araméenne.


Carte n=° 4 : Répartition géographique de l’écriture Araméenne et des Araméens (qui parlent le Syriaque) (76)

En comparant les cartes 3 et 4 nous constatons encore que la plupart de ceux qui parlent le Syriaque (c.-à-d., Araméens) ont été confinés entre les fleuves d’Euphrate et du Tigre et à l’ouest de l’Euphrate ; se prolongeant au-delà des frontières de l’actuel Turquie et de la Syrie.
Bien que les cartes 3 et 4 aient été établies en utilisant des sources différentes, ils correspondent très bien et fournissent de ce fait une évidence corroborative.

Les plus proches des inscriptions arabes en termes de géographie sont les inscriptions Nabatéennes et cette proximité rend l’hypothèse de Luxenberg à propos de la lecture Syro-araméenne du Coran insoutenable comme nous verrons par la suite. Au fait, les Nabatéens étaient des Arabes qui parlaient un dialecte non-araméen de l’Arabie du nord qui s’apparente à l’arabe classique (77).

Le Nabatéen était une « Schriftsprache » langue écrite efficace, c.-à-d., la langue des inscriptions. Les premières inscriptions arabes telles que ‘En ‘Avdat inscription (daté 125) etl’inscription de Namarah (daté 328) ont été écrites en Nabatéen mais dans la langue arabe.L’inscription de Raqush (daté 267) était un texte arabe avec présence d’archaïsmes en caractères Araméens.

Ceci prouve que les Arabes étaient familiers à l’écriture d’origine Araméenne. La caractéristique distinctive du Nabatéen en comparaison aux autres dialectes écrits en Araméen est sa teinte arabe ou, pour être plus précis, son assortiment avec une langue Arabe, reliée d’une manière quelconque à ce qui deviendra l’Arabe classique (78). Healey a noté aussi que certaines anciennes inscriptions Nabatéennes, bien que non datées, pourraient être en arabe et que certains des milliers des graffitis Nabatéens pourraient être aussi en arabe (79).

L’écriture Araméenne avait été très importante au Hedjaz dès le 4ème/5ème siècle avant Jésus Christ comme on peut le constater par une stèle écrite en Araméen à Tayma, au nord de l’Arabie Saoudite (80). Ainsi, il est étonnant qu’il n’y ait pas un certain nombre de mots Araméen dans le dialecte Arabe du Hedjaz, et que cela ne forme pas une langue mélangée.

La majeure partie, si ce n’est pas le tout, du contexte socio-historique des origines de l’Islam peuvent être expliqués en considérant l’environnement Nabatéen. Au Hedjaz, nous avons principalement des inscriptions Nabatéennes, et ceux-ci ne semblent pas être chrétiennes du tout dans leur contenu (81).

Les idoles adorés par les Nabatéens des dieux et des déesses tels que Doushara, Allat, Al-`Ozza, Manat, Hobal, et autres ont été également, en grande partie, adorés par des tribus Arabe telles que Qoraysh au Hedjaz comme mentionné dans le Coran et dans les sources littéraires islamiques (82).

Un milieu chrétien Syro-Araméen aurait des difficultés à expliquer ce contexte socio-historique. Les origines Nabatéennes de l’écriture Arabe renforce davantage le cas de l’environnement Nabatéen.

6. Le Syriaque aux premiers siècles islamiques


Mingana et Luxenberg ont prétendu que puisque Mohamed (saws) (ou les premiers scribes ?) a puisé dans le Syriaque qui a fourni les exemplaires littéraires dont , la grammaire et le vocabulaire Syriaques devraient être employés pour interpréter le Coran. Ceci vient de leur hypothèse, affirmée ouvertement ou tacitement, que le Syriaque contrairement à l’Arabe était plus ancien et par conséquent avait stabilisé son orthographe, sa lexicographie et son grammaire. Selon Mingana :


« Car comme nous croyons que le Coran est le premier livre arabe, son auteur a dû faire face à d’immenses difficultés. Il a dû adapter de nouveaux mots et de nouvelles expressions pour des idées originales, dans une langue qui n’a pas encore été fixée par aucune grammaire ou lexicographie… ainsi l’auteur du Coran a montré des idiosyncrasies stylistiques qui ont marqué son travail comme étant légèrement différent de l’arabe classique connu de nous à partir du huitième siècle ; son style souffre des incapacités qui caractérisent toujours une première tentative dans une nouvelle langue littéraire qui est sous l’influence d’une littérature plus ancienne et plus fixe. Cette littérature plus ancienne et plus fixe est, selon notre jugement, assurément le Syriaque plus que tout autre » (83).


Il est vrai que le Coran présente certaines caractéristiques stylistiques non déjà vues dans la poésie préislamique. Cependant, réclamer que cela est différent de l’Arabe classique du huitième siècle est problématique.


D’autre part, « l’Aramäische-arabische Mischsprache » de Luxenberg est un concept mal défini et ceci lui a donné une excuse pour prétendre que ni les règles normales de l’Arabe, ni celle de l’Araméen ne s’appliquent à certains passages particuliers du texte Coranique. Ceci le libère pour faire des conjectures à volonté au sujet de la signification de certains passages particuliers dans le Coran, quoique que ces suggestions doivent être rejetées comme non grammaticales.


L’hypothèse d’un « Aramäische-arabische Mischsprache » ou « Mélange de Langue » semble être beaucoup plus une excuse commode pour l’interprétation autoritaire du texte Coranique.
Comme on peut le constater, cette hypothèse mène à plusieurs problèmes, historiques et linguistiques, plus qu’elle prétend en résoudre.


Pareil à Mingana, un des plus grands inconvénients de l’hypothèse de Luxenberg est son incapacité à expliquer les origines de l’Arabe classique. Si nous restons dans les limites du milieu Nabatéen, l’existence préislamique de l’Arabe classique est facilement documentable en utilisant l’inscription bien-étudiée de Namarah.


L’Arabe classique a pris naissance bien avant la période islamique. L’inscription de Namarah(daté 328) est l’une des inscriptions les plus anciennes jusqu’ici découvertes dans la langue arabe classique et elle est écrite en manuscrit Nabatéen. Bellamy, qui avait étudié cette inscription, conclut en disant :


« … nous avons ajouté un siècle demi à la vie de l’Arabe classique. Ceci devrait venir sans aucune surprise puisque le conservatisme de la langue arabe est bien connue » (84).


L’inscription ‘En ‘Avdat (datée 125), bien que plus ancienne que l’inscription de Namarah a été apparemment écrite en Arabe classique. En outre, les deux inscriptions Arabes préislamiques de Jabal Ramm (IVème siècle) et d’Umm Al-Jimal (Vème/VIème siècle) ont une grammaire issue directement de l’arabe classique. La langue de ces inscriptions est plus proche de l’Arabe moderne que la langue de Shakespeare est à l’Anglais moderne (85). Ce qui peut être conclu est que cet Arabe classique prend ses origines même avant le deuxième siècle et est resté fixe avant même l’arrivée de l’Islam.


Ce n’est pas parce qu’une certaine langue est plus ancienne, qu’elle nous mène automatiquement à la conclusion que son orthographe, sa lexicographie et son grammaire étaient « fixes » à moins qu’il y ait de fermes évidences. Cela vaut pour le Syriaque comme nous allons voir.

6.1 L’Orthographe et la Grammaire Syriaque


Le premier traitement systématique de l’orthographe et de la grammaire Syriaque a été fait parJacob d’Edesse (décédé 708). Son travail est connu seulement par une brève mention de la part de Bar Hebraeus et par quelques fragments découverts à Oxford et à Londres (86).


On peut lire dans le premier fragment que Jacob a été invité par un correspondant à inventer des lettres voyelle pour le Syriaque. Il répond que d’autres avaient déjà considéré la même chose. Il annonce aussi, qu’un grammairien grec avait déclaré que l’alphabet grec, à un certain moment, était composé de dix-sept lettres uniquement ; il avait été graduellement augmenté à vingt-quatre avec l’introduction des voyelles. Mais le désir de faire pareil pour le Syriaque avait été empêchée par la crainte de « détruire toutes les Ecritures Saintes qui avait été écrites jusqu’à cette période dans cette imparfaite écriture de la langue Syriaque ».


Déchiré entre le souhait de répondre à la demande de son ami et les précautions de ses prédécesseurs, Jacob a recouru à un compromis. Il a inventé des voyelles à écrire sur la ligne, comme les lettres de l’alphabet. Mais elles devaient être appliquées seulement en ce traité pour illustrer les formes morphologiques dans le Syriaque ; elles ne sont pas prévues pour être un dispositif permanent de la langue.


Jacob a décidé que les voyelles doivent être ajoutées pour illustrer seulement le sens et l’arrangement de ces règles morphologiques, de sorte qu’elles démontrent la variation et la prononciation des bruits. Elles ne sont pas ajoutées afin de perfectionner ou améliorer l’écriture.


Jacob s’étend sur l’insuffisance du système d’écriture, déclarant que le Syriaque peut être lu correctement seulement par l’estimation ou en apprenant l’énonciation traditionnelle ou après étude laborieuse (87) Il dit :


« Et, comme j’ai déjà dit, on ne peut rien lire correctement sans ces trois choses qui ont été déjà mentionnées (non plus, je répète, par estimation) dans le précité travail en raison de la convenance (au passage) et du sens requis par la lecture du contexte dans lequel il se produit ; ou de la part de la tradition transmise par d’autres qui étaient bien connus dans le passé avec ce contexte et ses différentes lectures et qui pouvaient prononcer correctement ses sons et les avaient transmis (cette capacité) à d’autres (pas à cause de la précision en lisant les lettres, pour les lettres sans aucune précision, mais parce qu’elles ont reçu elles-mêmes la tradition à partir d’autres) ; ou par la force d’un grand travail puisque on y passe rapidement et, comme si , on survolait en récitant ces passages, avec les diverses marques des points aidant et indiquant les diverses significations, de sorte que ceux qui reçoivent la (méthode de lecture) traditionnelle ne comprennent pas (la lecture) du passage à partir des lettres mais de l’énonciation des sons par les lèvres de la personne transmettant la tradition » (88).


Dans sa fameuse lettre à George de Sarug, Jacob reproche aux copistes de son temps leur ignorance et inattention :


« J’interdis à tout ceux, qui peuvent copier les livres, que j’ai traduits ou composés, de changer par leur propre initiative n’importe quoi de ce qu’elles se sont engagées à copier, aussi bien en écriture qu’en points, quoi qu’elles peuvent trouver ; si même une erreur manifeste a été trouvée, toute personne est soumise à l’erreur, nous-mêmes, les scribes, ceux qui ont reçu le livre de notre part, ceux qui comparent une copie à une autre copie, l’œil du lecteur qui erre et dévie de la vision correcte….

Egalement, en ce qui concerne la position des points, chaque personne prend l’autorité de les placer à sa guise … ce qui n’est autre que déformation, aversion et laideur qu’un corps normal et vivant devrait être privé de ces membres qui lui ont été donnés par la nature…. Encore il y a quelque chose d’absurde et laid quand le visage ou la tête d’un homme s’avère être pourvu de trois oreilles ou de trois yeux ou de n’importe quel autre membre superflu…. Mais c’est la beauté de la nature qui ne contient ni profusion, ni défaut. Chaqu’un des membres devrait être convenable pour l’endroit, qui lui a été préparé et rendu commode par la nature….

De la même façon, il peut être considéré avec respect au placement des points, qui sont distincts et explicatifs des diverses choses qui sont placées dans ce Mésopotamien, Edessen, ou, pour parler plus distinctement, livre Syriaque ; pas dans l’abondance ou la profusion, ni où un membre n’a aucun besoin d’être distingué d’un autre qui est semblable à lui dans les lettres, il est correct que les points devraient être placés ; ils ne doivent pas être épais, comme deux mains et les pieds dans chacun desquels il y a six doigts. Ils ne doivent pas être déficients ou moins que la partie par laquelle un membre peut, si possible, être distingué des autres, qui est comme lui ; parce que cela est pareil à la profusion, qui a été observée, ne convient pas, également l’insuffisance ne convient pas. Il est exact qu’elles soient également mises en place, qui sont commodes pour eux, et non pas là où il y a un emplacement vide, qu’il soit approprié ou peu convenable » (89). (PS du traducteur : même le texte anglais est ambigu)


En effet, il remarque (90) :


« Tout l’ouest (Syriens) et autres qui vivent dans d’autres régions, ne parlent pas même cette langue d’Edesse correctement, puisqu’ils ne comprennent pas le principe »


Laquelle régit le système d’écriture.


« Même une partie des Edessens, ceux qui parlent cette langue Mésopotamienne (la plupart) correctement, ne peuvent pas lire correctement non seulement ces sons étrangers à partir de leur propre langue qu’ils emploient mais même ses sons indigènes (natifs) ».

Certainement, continue Jacob, ils ne pourraient pas prononcer ou lire des mots adoptés au Syriaque à partir de l’Hébreu, du Grec, du Byzantin ou du Persan. Cela devait être du au manque de lettres pour représenter tous les sons utilisés.


Dans la mesure où l’orthographe du Syriaque après l’avènement de l’Islam soit concernée, les correspondances de Jacob d’Edesse nous donnent suffisamment de preuves sur son état de faiblesse, tout en mentionnant l’usage et la compréhension incorrectes de cette langue.
L’écriture Syriaque à l’époque de Jacob et après l’arrivée de l’Islam était clairement « scriptio defectiva » (écriture défective) par opposition aux suppositions de Mingana et de Luxenberg qu’elle était « scriptio plena » (c’est-à-dire une écriture comportant tous les signes nécessaires pour une lecture fidèle).


Maintenant, si les Araméens n’étaient pas capables de lire et d’écrire leur propre langue correctement même après l’arrivée de l’Islam, comment pouvons-nous savoir que ce qu’ils ont vraisemblablement écrit (ou a été écrit), qui est finalement devenu le « Coran », était en effet ce qu’ils ont voulu dire réellement ? 

Pour ce qui est des premières étapes (phases de développement) de la grammaire Syriaque, les informations la concernant sont rares. La plupart de ce que nous connaissons à propos de la terminologie des premiers grammairiens en Syriaque (par exemple, Jacob d’Edesse) nous sont parvenus à travers des rapports d’auteurs plus récents, tels que Bar Hebraeus (décédé 1286), et il est probable que leur terminologie reflète l’influence arabe plutôt qu’un développement véritablement indigène. Versteegh indique :


« Malheureusement, nous ne connaissons pas très bien les premières tentatives des Syriens dans la grammaire et la lecture, aux VIème et VIIème siècle. La plupart de ce que nous savons dérive des écritures Syriaques postérieures, qui étaient, cependant, composées à un moment où la tradition Syriaque avait subi l’influence de la grammaire arabe, et avaient succédés en grande partie aux mécanismes conceptuels et terminologiques de cette tradition (Arabe). Au fait, la terminologie grammaticale Syriaque et Hébraïque, comme nous le savons, sont un calque de la terminologie Arabe » (91).

Malheureusement pour Mingana et Luxenberg, leurs hypothèses qui stipulent que l’orthographe et la grammaire Syriaques ont influencés l’Arabe sont tombées dans l’eau.


Maintenant tournons notre attention à la lexicographie Syriaque.


6.2 La lexicographie Syriaque


Hunain Ibn Ishaq (décédé 873) a composé le premier dictionnaire approprié Syriaque basé sur l’ordre alphabétique. Il a créé les bases de la lexicographie Syriaque (92).


À la fin du IXème siècle, Zacharie de Merv (identifié à Abou Yahya al-Marwazi) l’a complétée en ajoutant d’autres entrées, mais c’était un travail confus. Isho Bar Ali (ou Issa Ibn Ali, en Arabe), l’élève de Hunain, a écrit un nouveau dictionnaire basé sur celui de son maitre et qui est encore disponible dans les librairies (93). Dans ce dictionnaire, les mots Syriaques sont suivis de leurs équivalents ou de leurs définitions en Arabe. Parfois, d’autres explications en Syriaques sont ajoutées.


Le plus complet et le plus célèbre dictionnaire Syriaque était celui d’Hassan Bar Bahloul (Xéme siècle) (94). Il peut être décrit comme une sorte d’encyclopédie et aussi un lexicographe Arabo-syriaque avec l’utilisation parallèle du Syriaque et de l’Arabe pour l’explication d’un mot. Comme dans beaucoup de lexicographies Arabes, les auteurs sont mentionnés pour les mots ajoutés.

Quant à Mingana et Luxenberg, leur hypothèse est fondée sur la supposition que les Araméens ont été bien avancés dans leur lexicographie tandis que les Arabes peinaient à comprendre leur propre langue et particulièrement le Coran. Nous savons que ce n’est pas vrai. Le premier dictionnaire Syriaque est bien paru après l’arrivée du premier dictionnaire Arabe d’Al-Khalil Ibn Ahmed (c.-à-d., Kitab Al-`Ayn) entre autres (Fig 5) (95).


Le schéma 5 : Un diagramme chronologique de la lexicographie arabe selon le type d’arrangement du dictionnaire utilisé.

Avant que Hunain ait composé son premier dictionnaire, il y avait déjà une activité lexicographique intense parmi les Arabes. Ce qui est bien plus intéressant est que les dictionnaires Syriaques d’Isho Bar Ali et d’Hassan Bar Bahloul emploient l’Arabe pour expliquer des équivalents et des définitions comme indiqué dans Fig. 6.

Fig 6 : (a) Le lexicographe d’Isho Bar Ali montrant la signification des mots Syriaques en Arabe et (b) le lexicographe de Bar Bahloul montrant les définitions des mots en Syriaque et en Arabe (96).

Même en prenant en compte qu’avec la montée de l’Islam l’utilisation du Syriaque s’est éclipsée au Moyen-Orient, il est étonnant de constater que des Araméens eurent employé l’Arabe pour expliquer les significations des mots dans leurs lexiques.

Si la supposition tacite de Luxenberg de la supériorité de la lexicographie Syriaque était en effet correcte, nous nous attendrions à ce que les Araméens emploient le Syriaque pour expliquer leurs propres mots. Au contraire, nous constatons que Isho Bar Ali et Bar Bahloul se sont servis intensivement de l’Arabe pour expliquer les mots Syriaques.

Tout ceci suggère qu’avant l’arrivée de Hunain Ibn Ishaq, la lexicographie Arabe était déjà bien développée et bien plus sophistiquée que la lexicographie Syriaque. Comme exprimé ironiquement par Renan « la caractéristique littéraire principale du Syriaque est la médiocrité, et la principale revendication de renommée des Syriens est qu’ils ont passé le savoir des Grecs aux Arabes »(97). Haywood précise cela :

« Ainsi nous voyons dans les signes de la lexicographie Syriaque de l’emprunt aux Arabes, quoiqu’il y ait peu d’évidence d’imitation directe. Comme dans l’Hébreu, la grammaire et la terminologie grammaticale montrent une semblable influence » (98).

Pour montrer la lecture Syro-Araméenne alléguée du Coran, il étonnant que Luxenberg emploie les lexiques de Payne Smith et Brockelmann, qui est principalement basé sur les lexiques d’Isho Bar Ali et de Bar Bahloul (99). Les deux derniers ont été compilés plus de 250 ans après l’arrivée de l’Islam et environ 100 ans après la production du premier lexique arabe.

7. Conclusions

Pendant les trente dernières années ou plus, beaucoup de théories révisionnistes ont été proposées pour expliquer la naissance du Coran et de l’Islam. Selon ces diverses écoles de pensée révisionniste, l’Islam était à l’origine une section juive (Hagarisme) ; le Coran était contemporain de la Sira (Wansbrough) ; L’Islam a surgi dans le désert du Néguev validant d’une façon ou d’une autre l’hypothèse de Wansbrough (Nevo) ; le Coran est venu après la Sira et le Hadith (Rubin) ; le Coran était une production Irakienne créée avant la Sira (Hawting) et, récemment, le Coran est un produit du christianisme Syriaque (Luxenberg).

Il semble que ces écoles révisionnistes suivent souvent des méthodologies qui ne conviennent pas entre eux (que ça soit entièrement ou partiellement) et aucune d’elles ne semble convenir sur n’importe quel autre scénario particulier, que ce soit historique, social, culturel, politique, économique ou religieux.

Quelque chose qui semble être très fondamentale dans leurs analyses est que les révisionnistes sont disposés à formuler n’importe quelle théorie pour prêter une vraisemblance à leurs avis au sujet du Coran et de l’Islam, peu importe qu’il contredit toutes les évidences disponibles et bien établie, documentaires ou autres.

À cet égard nous découvrons que Luxenberg n’en est pas différent. C’est ce que précisément a signalé récemment Robert Hoyland. Tout en discutant le corpus de la preuve documentaire concernant l’avènement l’Islam et de son absence presque totale dans le travail de Christoph Luxenberg, entre d’autres, il dit :

« D’abord, nous avons un certain nombre de preuves physiques – particulièrement de sources non-Musulmanes, papyrus, inscriptions et excavations archéologiques – qui peuvent servir de référentiel externe utile et dont l’exploitation de la richesse vient juste de commencer d’une façon systématique.

Deuxièmement, la mémoire historique de la communauté musulmane est plus robuste que certains ont prétendus. Par exemple, plusieurs Divinités, Rois et Tribus de la période Arabe préislamiques qui ont été dépeints par les Historiens Musulmans du IXème siècle paraissent également dans des monuments épigraphiques, de même pour plusieurs Souverains et Gouverneurs du premier état islamique tôt.

Ceci rend très difficile d’accepter les scénarios historiques qui exigent pour leur concorde une discontinuité totale dans la mémoire historique de la communauté Musulmane – telle celle de Mohamed (saws) n’a pas existé, le Coran n’a pas été écrit dans l’arabe, la Mecque était à l’origine dans un endroit différent etc., peuvent-ils vraiment être justifiés -. Plusieurs de ces scénarios se fondent sur l’absence de preuves, mais cela semble une humiliation de faire un tel recours quand il y a déjà beaucoup de genres d’évidences matérielles attendant toujours à être étudiées » (100).

Des conclusions semblables ont été également tirées par Federico Corriente, qui a dit :

« Puisque ni les sources d’histoire du début de l’Islam ni les rapports dignes de confiance sur les situations sociolinguistiques de l’Arabie en cette période ne semblent soutenir les revendications de Luxenberg, qui sont habilement entrelacées comme une chaîne, dans son hypothèse de l’utilité d’une lecture Syro-Araméenne alternative des passages obscurs du Coran, on s’interroge sur l’exactitude des solutions particulières qu’il nous offre dans chaque cas, seulement on ne peut que constater que quelques unes d’elles peuvent être acceptées comme améliorations aux interprétations traditionnelles, alors que certaines sont permises mais inutiles en tant que solutions de rechange interprétatives transparentes, et certaines pourraient être tout à fait rejetées en raison des malentendus et des fausses informations » (101).

Dans cet article, nous avons examiné les hypothèses de Mingana et de Luxenberg au sujet des origines de divers aspects de l’écriture Arabe. Il a été démontré que l’écriture Arabe provient de l’écriture Nabatéenne en opposition avec l’origine syro-araméenne de Luxenberg. Les marques diacritiques en Arabe étaient déjà connues avant l’arrivée de l’Islam et il est plus probable qu’elles soient issues de l’écriture Nabatéenne.

Quant aux marques de voyelle en Arabe, Abou Al-Aswad Al-Douali était le premier à les avoir présentées. Il est très peu probable qu’elles pourraient parvenir du Syriaque parce que les exigences orthographiques du Syriaque étaient en grande partie différentes de celles de l’Arabe. En outre, la terminologie pour la vocalisation dans l’écriture Syriaque est connue seulement à partir d’auteurs récents tels que Bar Hebraeus et montre bien son influence par l’orthographe Arabe.

Par conséquent, la supposition des sept « Ahruf » du Coran représentant les sept signes des voyelles Syriaque est insoutenable. L’analyse des faisceaux d’Isnad prouve que la tradition de la révélation du Coran dans les sept « Ahruf » était déjà connue au premier siècle de l’Hégire et ils ne peuvent nullement représenter la vocalisation Syriaque de Jacob d’Edesse.

Le Coran était paléographiquement un document gelé au premier siècle de l’Hégire comme vu dans les manuscrits ainsi que dans les qira’at avec lequels ils ont été écrits ; MS Arabe 328a et MS Or. 2165 étant deux bons exemples. En outre, à l’examen des caractéristiques géographiques des preuves historiques manuscrites, prouve que la majeure partie des inscriptions Syriaques à la période préislamiques est confinée dans la région d’Edesse de l’actuel Turquie du sud. Le Syro-araméen, étant la langue avec laquelle Luxenberg a indiqué que le Coran avait été partiellement écrit. Il est certainement loin de la région et en particulier de la Mecque et du Hedjaz. Les plus proches des inscriptions arabes préislamiques en termes de géographie sont les inscriptions Nabatéenne.

En fait, une grande partie du contexte socio-historique des origines de l’Islam peut être expliqué en considérant le milieu Nabatéen. Le milieu Nabatéen couve avec succès les origines de l’écriture Arabe, le système des points et l’Arabe classique préislamique. La proximité entre l’écriture Arabe et l’écriture Nabatéenne rend l’hypothèse de Luxenberg pour une lecture syro-araméenne du Coran infaisable. Un milieu Syro-Araméen trouverait beaucoup de difficultés pour rendre compte des aspects de l’origine de l’écriture Arabe, de son système de points, des origines de l’Arabe classique et du contexte socio-historique en relation avec la montée de l’Islam.

Il existe d’autres explications valables pour la présence de mots Araméens dans le Coran. Les Nabatéens étaient des Arabes qui ont écrit en utilisant l’écriture Nabatéenne à partir de l’écriture Araméenne. La preuve se trouve même dans l’inscription de Raqush (daté 267), le texte arabe le plus ancien qui contient des archaïsmes Araméens et qui prouve que les Arabes étaient au courant de l’araméen. D’ailleurs, une stèle de Tayma au nord de l’Arabie Saoudite gravée avec l’écriture Araméenne suggère que l’araméen ait été très important au Hedjaz dès le IVème/Vème siècles AJC. Ainsi, il serait étonnant qu’il n’y ait pas un certain nombre de mots Araméens dans le dialecte Arabe du Hedjaz. Quoi qu’il en soit, ceci ne fait pas de l’Arabe une langue mélangée.

Pour soutenir son hypothèse par la lecture présumée Syro-Araméenne du Coran, Luxenberg déplore les origines tardives de la littérature islamique. Il dit :

« Selon la tradition islamique, le Coran remonte au VIIème siècle, alors que les premiers exemples de la littérature arabe dans le plein sens de l’expression sont trouvés seulement deux siècles plus tard, à l’époque de la « Biographie du Prophète » ; c’est-à-dire, de la vie de Mohamed (saws) selon l’écrit d’Ibn Hichem, qui est décédé en 828. Nous pouvons ainsi établir que la littérature arabe post-Coranique s’est développée par des degrés, dans la période suivant le travail d’Al-Khalil Ibn Ahmad, qui est décédé en 786, le fondateur de la lexicographie Arabe (Kitab Al-Ayn), et de Sibawayh, décédé en 796, à qui revient la grammaire de l’Arabe classique. Maintenant, si nous supposons que la composition du Coran soit ramenée à l’année du décès du Prophète Mohamed (saws), en 632, nous trouvons un intervalle de 150 ans, durant lequel il n’y a eu aucune trace de la littérature arabe notable. »

Il ne lui est pas venu à l’esprit que les sources Syriaques qu’il emploie pour prouver la lecture présumée Syro-Araméenne du Coran sont encore plus tardives que les sources Islamiques. Comme nous l’avons vu, il méconnait les sources physiques des origines de l’Arabe et du Syriaque. Pour donner encore plus d’exemples, la littérature arabe la plus ancienne nous est parvenue sous forme de collections de hadith.

Un exemple est la « Sahifah » d’Hammam Ibn Mounabih (décédé 110H /719), un disciple du Yéménite et compagnon du Prophète Abou Hourayrah, (décédé 58H/677), à partir duquel Hammam a écrit cette Sahifah, qui comporte 138 Hadiths, aux alentours de la première moitié du premier siècle de l’Hégire (VIIème siècle). Cette Sahifa encore disponible dans des éditions imprimées récentes (102). Les collections de Hadiths d’Ibn Jurayj (décédé 150H) et de Ma’mar Ibn Rashad (décédé 153H), dont bon nombre d’entre eux ont été transmis par Abd Al-Razzaq dans son Mousannaf, sont également disponibles aujourd’hui (103). Motzki a étudié le contenu du Mousannaf d’Abd Al-Razzaq et l’a estimé au premier siècle de l’Hégire (104).

Indépendamment du manque de discernement de Luxenberg concernant le développement de l’orthographe, grammaire et lexicographie Syriaques et Arabes, son travail ne fait aucune tentative pour ancrer ses arguments dans n’importe quel contexte historique crédible, comme nous l’avons déjà vu. Il n’est pas clair : qui étaient ces Chrétiens de la Mecque préislamique, qui a employé le supposé « aramäische-arabische Mischsprache » du Coran, et de quelle façon ces écritures ont produit le Coran arabe ? Quels genres d’échelles du temps ont été impliqués dans la transformation ? Qu’est ce qu’étaient leur croyance religieuse et qu’est ce qui les a poussés à changer leur (!) religion en Islam ? (105)

Pour conclure avec une citation de Walid Saleh « essentiellement, Luxenberg argue que l’Islam est le résultat d’une comédie (ou tragédie) philologique des erreurs. On se rappelle ici de la raillerie de l’Empereur Julien contre les Chrétiens et la réponse convenable des chrétiens ; la paraphrasant, on pourrait dire que les Musulmans ont lu leur Ecritures Saintes l’ont mal comprises ; lorsqu’ils l’a comprendrons, ils sauraient qu’ils sont des chrétiens ».

Et Allah sait mieux que quiconque!

Source en anglais :

http://www.islamic-awareness.org/Quran/Text/Mss/vowel.html

Traduit de l’original par :

http://tunisdivagation.blogspot.com/2007/06/luxenberg-et-lorigine-de-lecriture.html

http://tunisdivagation.blogspot.com/2007/07/luxenberg-et-lorigine-des-signes.html

http://tunisdivagation.blogspot.com/2007/07/luxenberg-et-la-prsence-aramenne-en.html

http://tunisdivagation.blogspot.com/2007/07/luxenberg-perdu-entre-larabe-et-le.html

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References & Notes

[1] A. Mingana, « Syriac Influences On The Style Of The Kur’an », Bulletin Of The John Rylands Library Manchester, 1927, Volume II, pp. 77–98; Also see A. Mingana, « An Ancient Syriac Translation Of The Kur’an Exhibiting New Verses And Variants », Bulletin Of The John Rylands Library Manchester, 1925, Volume IX, pp. 188-235.

[2] A. Jeffery, The Foreign Vocabulary Of The Qur’an, 1938, Oriental Institute: Baroda (India).

[3] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, 2000, Das Arabische Book: Berlin.

[4] A. Mingana, « The Transmission Of The Qur’an », Journal of The Manchester Egyptian and Oriental Society, 1916, p. 45.

[5] Rev. A. Mingana & A. S. Lewis (eds.), Leaves From Three Ancient Qur’âns Possibly Pre-‘Othmânic With A List Of Their Variants, 1914, Cambridge: At The University Press, p. xxxi.

[6] ibid., p. xxx.

[7] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. 299. In his own words:

Gegenüber der bisherigen Annahme eines in Mekka gesprochenen arabischen Dialekts hat die vorliegende Studie ergeben, daß es sich hierbei eher um eine aramäisch-arabische Mischsprache gehandelt haben muß, sofern die arabische Tradition die Koransprache mit der der Qurays, der Bewohner von Mekka identifiziert…. Dies würde die Annahme nahelegen, daß Mekka ursprünglich eine aramäische Ansiedlung war.

[8] ibid., p. 306. Luxenberg says:

Haben die arabischen Philologen und Kommentatoren nach den vorgebrachten Beispielen selbst echte arabische Ausdrücke verlesen, so liegt die einzig mögliche Schlußfolgerung im Hinblick auf eine mündliche Koranüberlieferung auf der Hand. Sollte eine solche Überlieferung überhaupt existiert haben, so müßte man annehmen, daß diese ziemlich früh abgebrochen ist. Daß sie jedenfalls erhebliche Lücken aufweist, ist die allermindeste Folgerung, die sich daraus ergibt.

[9] ibid., p. 302. He says:

Der Koran hat insoweit seine Sprache nicht fur jene Araber bestimmt, die sich rund anderthalb Jahrhunderte danach eine andere arabische Sprache zurechtgelegt haben. Dieser wesentliche Umstand macht es historisch erklärlich, weshalb die späteren Araber dieses Koranarabisch nicht mehr verstanden haben.

Was aber die Kluft noch weiter vertiefte, ist der in der arabischen Koranexegese fehlende Bezug zur Schrift.

[10] J. F. Healey & G. R. Smith, « Jaussen-Savignac 17 – The Earliest Dated Arabic Document (A.D. 267) », Atlal (The Journal Of Saudi Arabian Archaeology), 1989, Volume 12, pp. 77-84. For picture see Pl. 46.

[11] J. A. Bellamy, « Two Pre-Islamic Arabic Inscriptions Revised: Jabal Ramm And Umm Al-Jimal », Journal Of The American Oriental Society, 1988, Volume 108, pp. 369-372.

[12] ibid.

[13] P. Schroeder, « Epigraphisches aus Syrien », Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft, 1884, pp. 530-534 and Pl. I.

[14] M. Hamidullah, « Some Arabic Inscriptions Of Medinah Of The Early Years Of Hijrah », Islamic Culture, 1939, Volume XIII, pp. 427-439.

[15] A. Grohmann, « The Problem Of Dating Early Qur’ans », Der Islam, 1958, p. 221.

[16] J. A. Bellamy, « The Arabic Alphabet », in W. M. Senner (ed.), The Origins Of Writing, 1989, University of Nebraska Press, p. 99.

[17] N. Abbott, The Rise Of The North Arabic Script And Its Kur’anic Development, With A Full Description Of The Kur’an Manuscripts In The Oriental Institute, 1939, University of Chicago Press: Chicago, p. 48.

[18] A. Grohmann, Arabische Paläographie II: Das Schriftwesen. Die Lapidarschrift, 1971, Österreichische Akademie der Wissenschaften Philosophisch – Historische Klasse: Denkschriften 94/2. Hermann Böhlaus Nachf.: Wein, pp. 15-17.

[19] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. 15. He says:

Die frühe Form der arabischen Buchstaben wie die Art ihrer Ligaturen legen die Vermutung nahe, daß die syro-aramäische Kursivschrift der arabischen Schrift als Vorbild gedient hat.

By syro-aramäische, Luxenberg meant Syriac, see op cit., p. VII.

[20] A. Grohmann, Arabische Paläographie II: Das Schriftwesen. Die Lapidarschrift, op cit., p. 13 as well as 17-21.

[21] J. F. Healey, « Nabataean To Arabic: Calligraphy And Script Development Among The Pre-Islamic Arabs », Manuscripts Of The Middle East, 1990-1991, Volume V, p. 44; Also see J. F. Healey, « The Early History Of The Syriac Script: A Reassessment », Journal Of Semitic Studies, 2000, Volume XLV, No. 1, pp. 55-67. He says (p. 65):

It would seem, in fact, that there is a fairly even split in the Arabic inventory of letters: eleven of the Arabic letters would be either of Nabataean or Syriac origin, while ten are much more plausibly related to Nabataean and are hard to explain from Syriac, formal or cursive. It may be also noted that none of the Arabic letters is impossible to explain from Nabataean.

 A brief overview of now-discarded Syriac origins of Arabic script can be found in an article by J. Sourdel-Thomine, « Khatt« , Encyclopaedia Of Islam (New Edition), 1978, E. J. Brill Publishers: Leiden, p. 1120.

[22] N. Abbott, The Rise Of The North Arabic Script And Its Kur’anic Development, With A Full Description Of The Kur’an Manuscripts In The Oriental Institute, op cit., p. 9.

[23] K. Versteegh, The Arabic Language, 1997, Edinburgh University Press: Edinburgh (UK), p. 33.

[24] B. Gruendler, « Arabic Script », in J. D. McAuliffe (ed.), Encyclopaedia Of The Qur’an, 2001, Volume I, Brill: Leiden, p. 138; For detailed discussion on the evolution of Arabic script from Nabataean script see B. Gruendler, The Development Of The Arabic Scripts: From The Nabatean Era To The First Islamic Century According To The Dated Texts, 1993, Harvard Semitic Series No. 43, Scholars Press: Atlanta (GA), pp. 123-127.

[25] M. M. al-A‘zami, The History Of The Qur’anic Text From Revelation To Compilation: A Comparative Study With The Old And New Testaments, 2003, UK Islamic Academy: Leicester (UK), pp. 135-136.

[26] Please see B. Moritz, « Arabic Writing », Encyclopaedia Of Islam (Old Edition), 1913, E. J. Brill Publishers, Leyden & Luzac & Co. London, p. 384. He claims that the vowels signs in Arabic were borrowed from the Syriac script; S. Morag, The Vocalization Systems Of Arabic, Hebrew, And Aramaic: Their Phonetic And Phonemic Principles, 1962, Mouton & Co.: Gravenhage, p. 46. He says that the Syriac vocalization « possibly » influenced Arabic system; C. H. M. Versteegh, Arabic Grammar And Qur’anic Exegesis In Early Islam, 1993, E. J. Brill: Leiden, New York, Köln, p. 31-32. Versteegh says that the Arabs borrowed both the diacritical dots as well as vowels from Syriac. But he casts doubts on his own statement by saying that their terminology that we know of early Syriac grammarians is derived from reports of later writers such as Bar Hebraeus. It is very well possible that their terminology reflects Arabic influence; S. al-Munajjid, Dirasat fi Tarikh al-Khatt al-‘Arabi Mundhu Bidayatihi ila Nihayat al-‘Asr al-Umawi (French Title: Etudes De Paleographie Arabe), 1972, Dar al-Kitab al-Jadid: Beirut (Lebanon), p. 128. He has shown some reservations about attributing the origins of skeletal dots to Syriac; Abu ‘Amr ‘Uthman bin Sa‘id al-Dani (ed. Dr. ‘Izzat Hasan), Al-Muhkam fi Naqt al-Masahif, 1997 (1418 AH), Dar al-Fikr: Damascus (Syria), pp. 28-29. Dr. ‘Izzat Hasan attributes the vowel marks in Arabic due to Syriac influences.

[27] For Mingana see refs. 5 and 6.

[28] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. 18. He says:

(bei letzterem bis auf das ܕ / d und ܪ / r, die sich wegen ihrer Gleichförmigkeit durch einen Punkt unter bzw. über dem Buchstaben voneinander unterscheiden, was wiederum als Muster für das später eingeführte und weiter entwickelte Punktationssystem der arabischen Schrift gedient haben mag)

[29] The mendacity of Arabs borrowing numerous dots from the Syriac has been recognized quite early. Please see E. J. Revell, « The Diacritical Dots And The Development Of Arabic Alphabet »,Journal Of Semitic Studies, 1975, Volume XX, No. 2, p. 184. Revell says:

Arabic tradition states that the diacritical points were borrowed from the Syrians. This cannot be true of the signs themselves, since the requirements of Arabic were quite different from those in Syriac.

[30] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. 19. He says:

Die islamische Tradition ist jedenfalls außerstande, irgendein Datum zur endgültigen Fixierung der Koranlesung durch Einführung der diakritischen Punkte zu nennen, so daß man auf die allgemeine Feststellung angewiesen ist, daß dieser Prozeß sich über etwa drei Jahrhunderte erstreckt hat.

 Johannes J. G. Jansen, who reviewed Luxenberg’s book (Bibliotheca Orientalis, LX N° 3-4, mei-augustus 2003, Columns 477-480), claims that the earliest occurrence of diacritical dots is in aninscription from 58 AH! We can’t expect such poorly informed « scholars » to be a source of « distress » to « many pious Muslims ».

[31] B. Gruendler, The Development Of The Arabic Scripts: From The Nabatean Era To The First Islamic Century According To The Dated Texts, op cit., p. 127.

[32] J. F. Healey, « Nabataean To Arabic: Calligraphy And Script Development Among The Pre-Islamic Arabs », Manuscripts Of The Middle East, op cit., p. 45. Healey says that the orderly usage of diacritics may have come from Syriac which we have shown to be false; Also Nabia Abbott had surmised long time ago by studying early Islamic coins and papyrus PERF No. 558 that the diacritical dots originated from pre-Islamic times, N. Abbott, The Rise Of The North Arabic Script And Its Kur’anic Development, With A Full Description Of The Kur’an Manuscripts In The Oriental Institute, op cit., p. 38.

[33] See ref. 5 and 6.

[34] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. 16 for discussion on borrowing of Arabic vowels from Syriac. He says:

der Duktus geht von rechts nach links, die Buchstaben bezeichnen im Prinzip die Konsonanten, wobei nur zwei Buchstaben zur Wiedergabe der Halb- bzw. Langvokale w/u و und y/i ي als sog. matres lectionis dienen. Später haben die Araber das Alif ا, das im Aramäischen nur in bestimmten Fällen im Auslaut als langes a dient, als dritte mater lectionis generell auch im Kontext eingeführt. Sofern diese Schreibreform auch im Korantext durchgesetzt wurde, konnten Konsequenzen für bestimmte Lesarten nicht ausbleiben. Eine erste Bezeichnung der Kurzvokale au und i durch Punkte, ebenfalls nach dem Vorbild des früheren syro-aramäischen Vokalisations-systems – wonach die vokalhellere Aussprache (a) durch einen Punkt über, die vokaldunklere Aussprache (e/i) durch einen Punkt unter dem Konsonanten angedeutet wird, denen im Arabischen ein mittlerer Punkt zur Bezeichnung des u hinzugefügt wurde -, soll unter ‘Abd al-Malik ibn Marwan (685-705) als erste Lesehilfe eingeführt worden sein.

For the ahruf please see full discussion in pp. 23-24. As for the five ahruf Luxenberg says:

Sofern Tabari auch die Variante … (fünf Buchstaben / Lesezeichen) erwähnt, wäre damit möglicherweise ein entsprechender Hinweis auf die bei den Westsyrern eingeführten fünf griechischen Vokalzeichen gegeben.

[35] B. Davidson, Syriac Reading Lessons: Consisting Of Copious Extracts From The Peschito Version Of The Old And New Testaments And The Crusade Of Richard I From The Chronicles Of Bar Hebraeus, 1851, Samuel Bagster And Sons: London, p. iii. He says:

There are two sets of vowels. One is the invention of Jacob, bishop of Edessa, in the seventh century, consists of points placed in various positions; the other is the invention of the famous scholar Theophilus, of Edessa, in the eight century, consisting of the Greek vowels in a reversed direction.

[36] J. B. Segal, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, 1953, Oxford University Press: London. For naming of vowels in Eastern Syria, please see pp. 33. See pp. 44-47 for discussion on the Greek vowels. Theophilus of Edessa [d. 785 CE] was supposed to have invented the Greek vowels. However, there is difference of opinion among the Syriac grammarians on this issue. Also see S. Morag, The Vocalization Systems Of Arabic, Hebrew, And Aramaic: Their Phonetic And Phonemic Principles, op cit., p. 49, footnote 16..

[37] op cit., pp. 152-153. The diagram is taken from these pages and slightly modified by us. This diagram gives an excellent summary of development of vowels in Eastern and Western Syria.

[38] B. Dodge (Editor and Translator), The Fihrist Of Al-Nadim: The Tenth Century Survey of Muslim Culture, 1970, Volume I, Columbia University Press: New York & London, pp. 87-88.

[39] Abu ‘Amr ‘Uthman bin Sa‘id al-Dani (ed. Dr. ‘Izzat Hasan), Al-Muhkam fi Naqt al-Masahif, op cit., pp. 6-7; Also see K. Versteegh, The Arabic Language, op cit., p. 56.

[40] J. B. Segal, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, op cit., p. 22; S. Morag, The Vocalization Systems Of Arabic, Hebrew, And Aramaic: Their Phonetic And Phonemic Principles, op cit., p. 46.

[41] S. Morag, The Vocalization Systems Of Arabic, Hebrew, And Aramaic: Their Phonetic And Phonemic Principles, op cit., p. 46; J. B. Segal, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, op cit., p. 12-15;

[42] S. Morag, The Vocalization Systems Of Arabic, Hebrew, And Aramaic: Their Phonetic And Phonemic Principles, op cit., pp. 13-14 and also p. 20.

[43] ibid., p. 15.

[44] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., full discussion in pp. 20-25.

[45] The isnad bundles were drawn using Hadith Sharif software by al-Sakhr.

[46] The reports from Ma‘mar b. Rashad are collected by ‘Abd al-Razzaq b. Hammam al-Sana‘ni. The matn and isnad of this report can be found here. Studies on the Musannaf of ‘Abd al-Razzaq were done by Harald Motzki. See H. Motzki, « The Musannaf Of ‘Abd al-Razzaq Al-San‘ani As A Source of Authentic Ahadith of The First Century A.H. », Journal Of Near Eastern Studies, 1991, Volume 50, pp. 1-21; H. Motzki, « The Author And His Work In The Islamic Literature Of The First Centuries: The Case Of ‘Abd al-Razzaq’s Musannaf », Jerusalem Studies In Arabic And Islam, 2003, Volume 28, pp. 171-201.

[47] G. H. A. Juynboll, « Hadīth And The Qur’ān », in J. D. McAuliffe (ed.), Encyclopaedia Of The Qur’an, 2002, Volume II, Brill: Leiden, p. 386. Juynboll analysis goes back only till Malik’s Muwatta’.

[48] This kind of isnad-cum-matn analysis can be found in many of Motzki’s publications. See H. Motzki, « The Collection Of The Qur’an: A Reconsideration Of The Western Views In Light Of Recent Methodological Developments », Der Islam, 2001, Volume 78, pp. 1-34.

[49] That the common link was the inventor of a hadith, was championed by G. H. A. Juynboll. This is simply an apriori assumption without any basis. See G. H. A. Juynboll, « Some Isnād-Analytical Methods Illustrated On The Basis Of Several Women-Demeaning Sayings From Hadīth Literature », Al-Qantara, 1989, Volume 10, pp. 343-384. A critique of such position on common links was made by Harald Motzki, « Dating Muslim Traditions: A Survey », Arabica, 2005, Volume LII, No. 2, pp. 226-230.

[50] H. Motzki, « Der Fiqh des Zuhri: die Quellenproblematik », Der Islam, 1991, Volume 68, pp. 1-44. Revised English edition of this paper is called « The Jurisprudence Of Ibn Shihab az-Zuhri. A Source Critical Study » and is available online.

[51] J. B. Segal’s, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, op cit., p. 44.

[52] K. Versteegh, The Arabic Language, op cit., p. 57.

[53] Abu ‘Amr ‘Uthman bin Sa‘id al-Dani (ed. Muhammad al-Sadiq Qamhawi), Al-Muqni‘ fi Rasm al-Masahif al-Amsar ma‘ Kitab al-Naqt, 1978, Maktabat al-Kulliyat al-Azhar: Cairo (Egypt), p. 129.

[54] Abu ‘Amr ‘Uthman bin Sa‘id al-Dani (ed. Dr. ‘Izzat Hasan), Al-Muhkam fi Naqt al-Masahif, op cit., p. 13.

[55] ibid., pp. 8-9.

[56] ibid., p. 235.

[57] ibid., p. 7.

[58] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. II; An image of this manuscript is produced by Déroche along with the dating it to second half of the first century of hijra. See F. Déroche, « Manuscripts Of The Qur’an », in J. D. McAuliffe (ed.), Encyclopaedia Of The Qur’an, 2003, Volume III, Brill: Leiden, p. 265.

[59] F. Déroche and S. N. Noseda (eds.), Sources de la transmission manuscrite du texte coranique. I. Les manuscrits de style hijazi. Volume I. Le manuscrit arabe 328a (a) de la Bibliothèque Nationale de France, 1998, Fondazione Ferni Noja Noseda, Leda, and Bibliothèque Nationale de Paris.

[60] ibid., e.g., folio 10a for diacritical points.

[61] Y. Dutton, « An Early Mushaf According To The Reading Of Ibn ‘Amir », Journal Of Qur’anic Studies, 2001, Volume III (no. I), pp. 71-89.

[62] Y. Dutton, « Some Notes On The British Library’s ‘Oldest Qur’an Manuscript’ (Or. 2165) », Journal Of Qur’anic Studies, 2004, Volume VI (no. 1), pp. 43-71.

[63] Y. Dutton, « Red Dots, Green Dots, Yellow Dots & Blue: Some Reflections On The Vocalisation Of Early Qur’anic Manuscripts – Part II », Journal Of Qur’anic Studies, 2000, Volume II (no. I), p. 16; F. Déroche, The Abbasid Tradition: Qur’ans Of The 8th To The 10th Centuries AD, The Nasser D. Khalili Collection of Islamic Art Vol. I, 1992, Oxford University Press, p. 58.

[64] Y. Dutton, « Red Dots, Green Dots, Yellow Dots & Blue: Some Reflections On The Vocalisation Of Early Qur’anic Manuscripts – Part II », Journal Of Qur’anic Studies, op. cit., p. 16; F. Déroche,The Abbasid Tradition: Qur’ans Of The 8th To The 10th Centuries ADop. cit., p. 54.

[65] Y. Dutton, « Red Dots, Green Dots, Yellow Dots & Blue: Some Reflections On The Vocalisation Of Early Qur’anic Manuscripts – Part II », Journal Of Qur’anic Studies, op. cit., p. 16; F. Déroche,The Abbasid Tradition: Qur’ans Of The 8th To The 10th Centuries AD, op. cit., p. 62.

[66] Y. Dutton, « Red Dots, Green Dots, Yellow Dots & Blue: Some Reflections On The Vocalisation Of Early Qur’anic Manuscripts – Part II », Journal Of Qur’anic Studies, op. cit., p. 16; F. Déroche,The Abbasid Tradition: Qur’ans Of The 8th To The 10th Centuries AD, op. cit., p. 116.

[67] A. Brockett, « Qur’ān Readings In Kitāb Sībawayhi« , Occasional Papers Of The School Of Abbasid Studies, 1988 (published 1990), No. 2, p. 199.

[68] C. Luxenberg, Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., pp. 18-19. Luxenberg says:

… über dem Buchstaben voneinander unterscheiden, was wiederum als Muster für das später eingeführte und weiter entwickelte Punktationssystem der arabischen Schrift gedient haben mag), war die frühe arabische Schrift also eine Art Kurzschrift, die dem Eingeweihten als Gedächtnisstütze dienen mochte. Mehr, so möchte man meinen, brauchte man auch anfangs nicht, da zuverlässige Lektoren (.. qurra) die Verkündigung des Koran unmittelbar vom Propheten vernommen und auswendig gelernt haben sollen.

[69] E. Whelan, « Forgotten Witness: Evidence For The Early Codification Of The Qur’an« , Journal Of The American Oriental Society, 1998, Volume 118, pp. 1-14.

[70] Since there are no references available depicting the geographical spread of the inscriptions, we decided to go through individual references and plot the data on a map. The references used are:

The Nabataean inscriptions:

For the Nabataean inscriptions in Egypt see E. Littman & D. Meredith, « Nabataean Inscriptions From Egypt », Bulletin Of The School Of Oriental And African Studies, 1953, Volume 15, pp. 1-28; E. Littmann & D. Meredith, « Nabataean Inscriptions From Egypt – II », Bulletin Of The School of Oriental And African Studies, 1954, Volume 16, pp. 211-246; F. Zayadine, « The Pantheon Of The Nabataean Inscriptions In Egypt And The Sinai », Aram, 1990, Volume 2, No. 1 & 2, pp. 151-174; L. Nehmé, « Cinq Graffiti Nabatéens Du Sinaï », Semitica, 2000, Volume 50, pp. 69-80.

A good description of the Nabataean inscriptions in Negev region is in A. Negev, Nabatean Archaeology Today, 1986, New York University Press: New York and London; For the inscriptions in Mada’in Salih see J. F. Healey (ed. and trans.) and S. al-Theeb, The Nabataean Tomb Inscriptions Of Mada’in Salih, 1993, Journal Of Semitic Studies Supplement I, Published by Oxford University Press on behalf of the University of Manchester; A good overall view of the Nabataean inscriptions is in J. F. Healey, The Religion Of Nabataeans: A Conspectus, 2001, Brill: Leiden; Also see « Nabataean Inscriptions », in E. Littmann, Semitic Inscriptions: Part IV Of The Publications Of An American Archaeological Expedition To Syria In 1899-1900, 1904, The Century Co.: New York, pp. 85-95; For the inscriptions near Tabuk in Saudi Arabia, see Solaiman Abdal Rahman al-Theeb, Aramaic And Nabataean Inscriptions From North-West Saudi Arabia, 1993, King Fahd National Library, pp. 68-200 for Nabataean inscriptions. These inscriptions were found near Tabuk at Jabal Qa‘ Abu Murr, Jabal Abu Makhruq, Jabal Sarbut Thulaytha and al-Herra.

The Syriac inscriptions:

The best place to start for the pre- and post-Islamic Syriac inscriptions is Sebastian P. Brock’s « Syriac Inscriptions: A Preliminary Checklist Of European Publications », Annali: Istituto Orientale di Napoli (New Series), 1978, Volume 38, pp. 255-71. Brock’s list was further expanded by Desreumaux. See A. J. P. Desreumaux, « Pour une Bibliographie sur l’épigraphie Syriaque », Annali: Istituto Orientale di Napoli (New Series), 1980, Volume 40, pp. 704-708.

Sebastian Brock’s classified bibliography of Syriac studies was also used to plot the pre-Islamic Syriac inscription data. This classified bibliography is updated every few years. See S. P. Brock, « Syriac Studies 1960-1970: A Classified Bibliography », Parole De l’Orient, 1973, Volume 4, pp. 426-427; S. P. Brock. « Syriac Studies 1971-1980: A Classified Bibliography »,Parole De l’Orient, 1981-1982, Volume 10, pp. 348-350; S. P. Brock, « Syriac Studies 1981-1985: A Classified Bibliography », Parole De l’Orient, 1987, Volume 14, pp. 321-322; S. P. Brock, « Syriac Studies 1986-1990: A Classified Bibliography », Parole De l’Orient, 1992, Volume 17, pp. 257-258; S. P. Brock, « Syriac Studies 1991-1995: A Classified Bibliography », Parole De l’Orient, 1998, Volume 23, pp. 297-300; S. P. Brock, « Syriac Studies 1996-2000: A Classified Bibliography », Parole De l’Orient, 2004, Volume 29, pp. 337-338.

Enno Littmann has done a decent survey of Syriac inscriptions in the Northern Syria. See « Syriac Inscriptions From Northern Central Syria, Palmyra And The Region Of The Haurân », in E. Littmann, Semitic Inscriptions: Part IV Of The Publications Of An American Archaeological Expedition To Syria In 1899-1900, 1904, The Century Co.: New York, pp. 3-56; E. Littmann, Semitic Inscriptions: Syriac Inscriptions, 1934, E. J. Brill Publishers and Printers: Leyden; For another decent survey of Syriac inscriptions see H. Pognon, Inscriptions Sémitiques De La Syrie, De La Mésopotamie Et De La Région De Mossoul, 1907, Imprimerie Nationale: Paris. For early Syriac inscriptions see No. 2-12, 19-21, 36-39, 44-50, 81-82, 118.

A a good compilation of the pre-Islamic Syriac inscriptions is done by H. J. W. Drijvers (ed.), Old Syriac (Edessean) Inscriptions, 1972, Semitic Studies Series, E. J. Brill: Leiden. It was further expanded by H. J. W. Drijvers & J. F. Healey, The Old Syriac Inscriptions Of Edessa And Osrhoene, 1999, Brill: Leiden. Most of the inscriptions mentioned here, as the name suggests, are from Edessa and nearby places.

For more pre-Islamic Syriac inscriptions in Edessa and other areas including the Fertile Crescent, see the following: C. C. Torrey, « The Semitic Inscriptions » in P. V. C. Baur, M. I. Rostovtzeff & A. R. Bellinger (eds.), The Excavations At Dura-Europos Conducted By Yale University And The French Academy Of Inscriptions And Letters: Preliminary Report Of Third Season Of Work, 1932, Yale University Press: New Haven & Oxford University Press, pp. 66-71; C. C. Torrey, « Semitic Inscriptions » in P. V. C. Baur, M. I. Rostovtzeff & A. R. Bellinger (eds.), The Excavations At Dura-Europos Conducted By Yale University And The French Academy Of Inscriptions And Letters: Preliminary Report Of Fourth Season Of Work, 1933, Yale University Press: New Haven & Oxford University Press, pp. 178-181; J. B. Segal, « Pagan Syriac Monuments In The Vilayet Of Urfa », Anatolian Studies, 1953, Volume III, pp. 97-119; J. B. Segal, « Some Syriac Inscriptions Of The 2nd-3rd Century A.D. », Bulletin Of The School of Oriental And African Studies, 1954, Volume 16, pp. 13-35; J. B. Segal, « Two Syriac Inscriptions From Harran », Bulletin Of The School of Oriental And African Studies, 1957, Volume 20, pp. 512-522; J. B. Segal, « New Syriac Inscriptions From Edessa », Bulletin Of The School of Oriental And African Studies, 1959, Volume 22, pp. 23-40; J. B. Segal, « Four Syriac Inscriptions », Bulletin Of The School Of Oriental And African Studies, 1967, Volume 30, pp. 293-304; J. B. Segal, Edessa ‘The Blessed City’, 1970, Oxford At The Clarendon Press, pp. 22-36; H. J. W. Drijvers, « New Syriac Inscriptions », Aram, 1993, Volume 5, pp. 147-161; J. B. Chabot, « Inscriptions Syriaques De Bennaouï », Syria, 1929, Volume 10, pp.252-256; P. R. Mouterde, « Inscriptions Grecques De Souweida Et De ‘Ahiré », Mélanges De L’Université Saint-Joseph, 1932, Volume 16, pp. 102-108; P. Mouterde, « Inscription Syriaque Du Gebel Bil‘ās », Mélanges De L’Université Saint-Joseph, 1932, Volume 16, pp. 83-86; B. Aggoula, « Studia Aramaica III », Syria, 1992, Volume 69, pp. 400-417; A. Abou Assaf, « Inscription Syrique – Au Musée De Ma’aret al-No’man », Annales Archeologiques Arabes Syriennes, 1990, Volume 40, pp. 161-162. This inscription was discussed by A. Harrak, « Notes On Syriac Inscriptions I: The Inscription Of Ma‘ar Zaytā (Syriac) », Orientalia (New Series), 1995, Volume 64, pp. 110-119. The author inclines towards a 6th century dating; M. Moussli, « Syrische Inschriften Aus Hadata (Al-Hadath) »,Altorientalische Forschungen, 1984, Volume 11, No. 2, pp. 371-373; A. Abu ‘Assaf & F. Briquel-Chatonnet, « Un Autel A Encens Avec Inscription Syriaque Au Musée De Raqqa (Syrie) », Semitica, 1991-1992, Volume 41-42, pp. 183-193; A. Palmer, « A Corpus Of Inscriptions From Tur ‘Abdīn And Environs », Oriens Christianus, 1987, Volume 71, pp. 57-59; A. Desreumaux & P. -L. Gatier, « Inscription Bilingue Grecque Et Syriaque D’Une Mosaïque Paléochrétienne », Semitica, 1991-1992, Volume 41-42, pp. 173-181; E. C. D. Hunter, « An Inscribed Reliquary From The Middle Euphrates », Oriens Christianus, 1991, Volume 75, pp. 147-165; J. Jarry, « Inscriptions Arabes, Syriaques Et Grecques Du Massif Du Bélus En Syrie Du Nord », Annales Islamologiques, 1968, Volume 7, pp. 141-158. The inscription found in Sekizlar is dated (pp. 157-158); J. Jarry, « Nouvelles Inscriptions Sémitiques De Syrie »,Annales Islamologiques, 1985, Volume 21, pp. 1-7. The inscription found at Jabal Seis (or Jabal Usays) is dated (p. 6); H. J. W. Drijvers, « Syrische Inscripties Uit De Eerste Drie Eeuwen A.D. », Phoenix, 1969, Volume 15, No. 1, pp. 197-205; K. Parlasca, « Das Mosaik Vom Mas’udije Aus Dem Jahre 228/29 n. Chr. », Damaszener Mitteilungen, pp. 263-267. Plates 60-61; P. Donceel-Voûte, Les Pavements Des Églises Byzantines De Syria Et Du Liban: Décor, Archéologie Et Liturgie, 1988, Louvain-La-Neuve, Belgique & Départment D’Archéologie Et D’ Histoire De L’Art College Érasme, pp. 147-149. The inscription is in Halaoua in Syria.

There are a few pre-Islamic Syriac inscriptions of unknown provenance or uncertain date that are not included in the map. They are: R. C. Steiner, « A Syriac Church Inscription From 504 CE », Journal Of Semitic Studies, 1990, Volume 35, pp. 99-108. This inscription is most likely from Edessa. There are inscriptions in four inscriptions in the National Museum in Damascus, Syria, from 5th and 6th centuries. They were published by A. Abu ‘Assaf, « Kitābāt Suryāni Zadīdah Fi-l-Muthaf al-Watnī bi-Dimashq », Annales Archeologiques Arabes Syriennes, 1972, Volume 22, No. 1 and 2, pp. 135-144. There provenance is unknown. An inscription from uncertain date due to lacuna is from Deir Makr and was published by J. Naveh, « Syriac Miscellanea », ‘Atiqot, 1976, Volume 11, pp. 102-104; St. J. Simpson, « A Note On Qasr Serij », Iraq, 1994, Volume 56, pp. 149-151. Provenance known but no date available; H. Salame-Sarkis, « Syria Grammata Kai Agalmata », Syria, 1989, Volume 66, pp. 313-319. Here the date is early 7th century but the exact provenance is not known. It is most likely from the Antioch region; E. Puech, « Une Inscription Syriaque Sur Mosaïaque », Liber Annuss, 1988, Volume 38, pp. 267-270. Date known but provenance unknown; M. Halloun, « Two Syriac Inscriptions », Liber Annuss, 1988, Volume 38, pp. 271-275. Date known but provenance unknown. It is perhaps from Edessa region; F. Briquel-Chatonnet, « Une Inscription Syriaque Sur Mosaïaque De La Région De L’Euphrate », Semitica, 1996, Volume 46, p. 146-153. The inscription is present in Deir al-Zor Museum in Syria. Its date is known but its provenance is not; E. C. Dodd, « The Monastery Of Mar Musa Al-Habashi Near Nebek Syria », Arte Medievale, 1992, Volume 6 (II), No. 1, pp. 61-67 for discussion. The Syriac inscriptions in this monastery were discussed by J. C. McCullough, « Appendix I: Syriac Inscriptions », pp. 133-135. Provenance is known but the dating is not known due to small size of fragments of the inscriptions.

For Arabic inscriptions: Click here for complete listing.

[71] J. B. Chabot, « Sur Une Inscription Syriaque Du Sinaï », Journal Asiatique, 1906, Volume 10(7), pp. 290-293. These Syriac inscriptions were left by pilgrims from Balad (Iraq) in Sinai peninsula and there is no dating available; E. C. D. Hunter, « Syriac Inscriptions From Al-Hira », Oriens Christianus, 1996, Volume 80, pp. 66-81. Erica Hunter mentions an ostracon that was a note by a pilgrim or a monk. All the ostraca from the region of al-Hira are dated c. 7th century. See E. C. D. Hunter, « A Syriac Ostracon From Ctesiphon », Al-Rafidan, 1997, Volume 18, p. 366.

[72] A. Cameron, The Mediterranean World In Late Antiquity AD 395-600, 1993, Routledge: London, pp. 182-185; G. W. Bowersock, Hellenism In Late Antiquity, 1990, Cambridge University Press, see especially Chapter III, pp. 29-40; Another book of interest is Fergus Millar’s The Roman Near East: 31 BC – AD 337, 1993, Harvard University Press: Cambridge (MA).

[73] G. W. Bowersock, Hellenism In Late Antiquity, op cit., p. 29 and p. 40.

[74] We thank Dr. R. Hoyland for pointing this one out.

[75] J. F. Healey, « Were The Nabataeans Arabs? », Aram, 1989, Volume 1, No. 1, p. 41.

[76] ibid., p. 44. The picture is taken from here and slightly modified with some additional information.

[77] ibid. See the full article. Healey argues against the impossibility of Nabataeans being Aramaeans.

[78] J. F. Healey, « Lexical Loans In Early Syriac: A Comparison With Nabataean Aramaic », Studi Epigrafici E Linguistici Sul Vicino Oriente Antico, 1995, Volume 12, p. 78.

[79] ibid.

[80] J. C. L. Gibson, Textbook Of Syrian Semitic Inscriptions: Aramaic Inscriptions Including Inscriptions In The Dialect of Zenjirli (Volume II), 1975, Oxford At The Clarendon Press, pp. 148-151, no. 30, Plate IX; J. F. Healey, « Were The Nabataeans Arabs? », Aram, op cit., p. 43; Also see J. F. Healey & H. Bin Seray, « Aramaic In The Gulf: Towards A Corpus », Aram, 1999-2000, Volume 11-12, pp. 1-14 for Aramaic inscriptions in Kuwait, Saudi Arabia, Bahrain, Qatar and the United Arab Emirates. The Achaemenids used Aramaic as the lingua franca of administration and trade not only in the West (Palestine, North Arabia, Egypt, Anatolia) but also in the East (in Iran). It is therefore not in the least surprising to find Aramaic in use during and after the Achaemenid period in those areas of the Gulf which were affected by Persian and Parthian political commercial links. Click here to see the information about the Achaemenids and a map showing the area ruled by them. It will be obvious why the Aramaic inscriptions were found in the above mentioned Gulf States.

[81] J. F. Healey, The Religion Of Nabataeans: A Conspectus, op cit., see Chapters 4-7.

[82] For a brief study of Arabic lexical, historical and literary sources, see M. Abdul-Latif Abdul-Karim, « Lexical, Historical And Literary Sources Of The Nabataeans In The Arab Tradition », Aram, 1990, Volume 2, No. 1 & 2, p. 421-424.

The Musnad inscriptions at Qaryat al-Faw, South Western Saudi Arabia, suggest that the deities Kahl, El, al-Lat, ‘Athar Ashraq, al-‘Uzza, Manat, Wadd, Shams, etc. were worshipped in the State of Kinda, South (western) Arabian peninsula. Some of these are obviously Nabataean deities. What is interesting is that many of these idols also survived until the advent of Islam. If one looks at the complete picture using the Nabataean and the Musnad inscriptions in the Hijaz and surrounding area, they are not in Christian in content at all. See A. R. Al-Ansary, Qaryat Al-Fau: A Portrait Of Pre-Islamic Civilisation In Saudi Arabia, 1982, University of Riyadh (Saudi Arabia), p. 28.

[83] A. Mingana, « Syriac Influences On The Style Of The Kur’an », Bulletin Of The John Rylands Library Manchester, op cit., p. 78.

[84] J. A. Bellamy, « The New Reading Of The Namarah Inscription », Journal Of The American Oriental Society, 1985, Volume 105, p. 47.

[85] J. A. Bellamy, « Two Pre-Islamic Arabic Inscriptions Revised: Jabal Ramm And Umm Al-Jimal », Journal Of The American Oriental Society, 1988, Volume 108, p. 377.

[86] W. Wright, Fragments Of The  Or Syriac Grammar Of Jacob Of Edessa: Edited From Mss In The British Museum And The Bodleian Library, 1871, Gilbert & Rivington: London.

[87] This discussion is taken from J. B. Segal, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, op cit., p. 41.

[88] J. B. Segal, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, op cit., p. 2 for translation. Original text in W. Wright, Fragments Of The  Or Syriac Grammar Of Jacob Of Edessa: Edited From Mss In The British Museum And The Bodleian Library, op cit., p. ܒ.

[89] G. Phillips, A Letter By Mār Jacob, Bishop Of Edessa On Syriac Orthography, 1869, William And Norgate: London & Edinburgh, pp. 4-10. For Syriac text, op. cit., p. ܛ.

[90] J. B. Segal, The Diacritical Point And The Accents In Syriac, op cit., pp. 41-42.

[91] C. H. M. Versteegh, Arabic Grammar And Qur’anic Exegesis In Early Islam, op cit., p. 28.

[92] W. Wright, A Short History Of Syriac Literature, 1894, Adam And Charles Black: London, p. 211.

[93] R. J. H. Gottheil (ed.), Bar ‘Alī (Īshō‘) The Syriac-Arabic Glosses, 1910-1928, Tipografia Della R. Accademia Nazionale Dei Lincei: Roma. Part 1 edited by G. Hoffmann, 1874; Part II by R. J. H. Gottheil, 1908.

[94] Hassan Bar Bahlul (ed. R. Duval), Lexicon Syriacum auctore Hassano bar Bahlule: voces Syriacas Græcasque cum glossis Syriacis et Arabicis complectens, 1888-1901, 3 Volumes, e Reipublicæ typographæo: Parisiis.

[95] J. A. Haywood, Arabic Lexicography: Its History, And Its Place In General History Of Lexicography, 1965, Second Edition, E. J. Brill: Leiden, see the chart facing p. 132.

[96] R. J. H. Gottheil (ed.), Bar ‘Alī (Īshō‘) The Syriac-Arabic Glosses, op cit., p. 9; Hassan Bar Bahlul (ed. R. Duval), Lexicon Syriacum auctore Hassano bar Bahlule: voces Syriacas Græcasque cum glossis Syriacis et Arabicis complectens, Volume 1, p. 11.

[97] J. A. Haywood, Arabic Lexicography: Its History, And Its Place In General History Of Lexicography, op cit., p. 122.

[98] ibid.

[99] For example, see R. Payne Smith’s Thesaurus Syriacus, 1879, Tomus I, e typographeo Clarendoniano: Oxonii, see the preface on pp. v-vi for details. For Luxenberg’s use of these lexicons see Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, op cit., p. 8.

[100] R. Hoyland, « New Documentary Texts And The Early Islamic State », Bulletin Of The School Of Oriental And African Studies, 2006, Volume 69, No. 3, pp. 410-411.

[101] F. Corriente, « On A Proposal For A « Syro-Aramaic » Reading Of The Qur’an », Collectanea Christiana Orientalia, 2003, Volume I, pp. 309-310.

[102] M. Hamidullah, Sahifa Hammam bin Munabbih: The Earliest Extant Work On The Hadith, 1979, Centre Cultural Islamique: Paris.

[103] ‘Abd al-Razzaq b. Hammam al-San‘ani (ed. Habib al-Rahman al-A‘zami), Al-Musannaf, 1972, 11 volumes, Beirut.

[104] H. Motzki, « The Musannaf Of ‘Abd al-Razzaq Al-San‘ani As A Source of Authentic Ahadith of The First Century A.H. », Journal Of Near Eastern Studies, 1991, Volume 50, pp. 1-21; A detailed discussion of it is available in Motzki’s book: H. Motzki (trans. Marion H. Katz), The Origins Of Islamic Jurisprudence: Meccan Fiqh Before The Classical Schools, 2002, Brill: Leiden, Boston, Köln, see chapter II.

[105] For such questions see also Simon Hopkins’ review of Luxenberg’s Die syro-aramäische Lesart des Koran: Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache in Jerusalem Studies In Arabic And Islam, 2003, Volume 28, pp. 376-380. Offprint of this paper is available online.

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Source :

http://blog.decouvrirlislam.net/Home/islam/coran/le-coran-d-origine-syriaque-reponse-a-la-these-farefelue-de-mingana-et-luxenberg

La langue arabe, mère de toutes les langues

Mohammed Messen.

Nous savons tous que plusieurs langues parlées jadis ont disparu avec leurs peuples. A l’image de toutes les créatures, les langues naissent grandissent, se développent, vieillissent et finissent par mourir. Cependant, depuis quelques décennies ce phénomène semble s’accélérer et le nombre de langues disparues ou en voie de disparition ne cesse d’augmenter. Ceci inquiète de plus en plus les intellectuels et les scientifiques qui s’intéressent à la culture et aux civilisations humaines. De nos jours, un vif intérêt à ce phénomène se manifeste dans la communauté scientifique et plusieurs chercheurs ont commencé à étudier les causes de ces disparitions. C’est ainsi qu’à l’Université des Langues de Londres, il a été créé une nouvelle discipline consacrée à la : « Science du Langage Universel ». La décision a été prise à la suite d’un congrès organisé sur ce sujet en novembre 2003. Dans cette nouvelle discipline, on étudie les langues d’une manière globale, en se basant principalement sur « l’analyse des sons et leurs interactions dans l’expression des mots ».

Il ressort du recensement réalisé par les chercheurs de cette discipline, que parmi environ milles langues vivantes connues et anciennement parlées dans le monde, il n’en reste plus actuellement que 602, et le nombre de décès ne cesse d’augmenter. On compte actuellement près d’un décès par semaine ; ceci représente approximativement une cinquantaine de langues perdues par année. A ce rythme, les chercheurs pensent que d’ici le début du siècle prochain, il ne restera plus que deux ou trois langues vivantes à travers le monde. On site par exemple parmi les langues disparues : le Latin et le Nubien (langue de certains peuples de l’Égypte saharienne et du Soudan). En Inde, il a été recensé l’année passée, plus d’une trentaine de langues abandonnées. D’un autre côté, on n’assiste plus à de nouvelles naissances ou de reproduction de langue. En effet, comme toute créature, avant de disparaitre certaines langues primitives enfantaient des descendants. Ce fut le cas des langues latines, anglo-saxonnes ou africaines. La langue Arabe par contre est la seule pour laquelle on n’a découvert aucun parent jusqu’à ce jour.(1)

À la lumière de ce constat inquiétant, plusieurs études ont été poussées par différentes universités notamment aux États Unis et en Angleterre, pour déterminer quels seront les langues qui survivront à ce « cholera » des langues selon les termes du Docteur Saïd Ibrahim Cherbini. Toutes les pensées étaient alors orientées vers les langues dites vivantes dérivées du latin, tel que l’anglais et le français, ou le Mandarin ; ce dernierest parlé par la grande majorité des populations chinoises. Au départ, la langue Arabe n’était même pas sur la liste des études ou l’objet d’un intérêt spécifique.

C’est alors que le Docteur Saïd Ibrahim Cherbini, déclara-t-il,qu’il fut interpelé par ses connaissances de sa langue maternelle ; il se rappela des enseignements de la religion musulmane qu’il avait reçus pendant sa jeunesse, notammenten science coranique. Il présenta sa première thèse de Doctorat pour démontrer, et de manière strictement scientifique, que l’Arabe est la « Langue Mère » et qu’elle échappera à cette maladie qui anéantit les autres langues. Son étude a changé complètement l’orientation initiale des différentes pensées et lui a permis de placer la langue arabe sur le premier rang des intérêts des chercheurs. Actuellement le docteur Saïd prépare une nouvelle étude et compte présenter un deuxième doctorat pour prouver que la langue arabe fut sans aucun doute, la première langue parlée par l’Homme sur terre et demeurera éternellement. Actuellement, tout le monde s’accorde sur l’importance de l’anglais comme langage dominante dans les domaines scientifiques économiques et surtout informatiques. C’est grâce à ces sciences qu’elle a pu se développer, et qu’elle doit sa survie ; mais elle ne restera pas pour autant une langue de communication courante. Il en est de même pour le mandarin qui malgré le fait qu’il soit parlé par plus d’un milliard d’êtres humains, il souffre d’un grand nombre de maladies qui le poussent vers l’abandon. Tous les spécialistes soutiennent par contre que la langue arabe ne révèle aucun signe de faiblesse, tels que le vieillissement ou l’altération qui l’amèneraient à disparaitre. Mieux que cela, elle devient une langue de référence dans les ateliers de recherche et d’analyse des linguistiques.(2)

La nouvelle science du langage universel qui se charge de l’analyse et de l’étude des sons, a permis de mettre l’accent sur les irrégularités qui peuvent altérer les mots dans une langue et qui les entrainent vers la déclinaison, tel une personne vieillissante qui se voit courber le dos avant de s’éteindre. Ces irrégularités phonétiques les amènent peu à peu à l’abandon ou à leur remplacement par d’autres mots. On a pu ainsi définir les critères phonétiques qui permettent d’évaluer la bonne santé d’une langue et de juger de sa longévité. On peut citer par exemple le son « A » et « El ou AL » comme étant les sons qui maintiennent la bonne santé, de même que le son « Bea ou bi ». Le son « R » roulé est considéré comme l’âme d’une langue. On remarque que ces sons sont omniprésents dans la langue arabe. Le son « El » est utilisé comme préfixe des noms définis. Les adeptes du français se réjouissent du fait que le son « L » est très fréquent, notamment dans les articles définis ; de ce fait, ils pensent avoir plus de chance de voir leur langue vivre encore longtemps. Mais en fait on lui accorde, pour d’autres faiblesses, tout au plus soixante-dix ans de survie. L’anglais par contre, malgré sa suprématie dans le domaine technique, souffre d’une grande quantité de sons étouffants et soufflants. La transcription ou l’orthographe des mots en Anglais comme en Français est souvent hasardeuse. Ces deux langues disposent d’un grand nombre de cas de conjugaison. Beaucoup de mots contiennent des lettres non prononcées. On sait que de par sa nature le cerveau humain est partisan du moindre effort et on voit que de plus en plus, les nouvelles générations anglaises par exemple, se lassent vite d’aller chercher dans une vingtaine de mode de conjuguer le verbe qu’il faut ; elles vont se contenter de rajouter le mot qui exprime le moment de l’action. Ils vont dire par exemple : I go tomorrow, au lieu de dire : I Will go …, I go yesterday, au lieu de I went. Cette formulation est actuellement acceptée dans pratiquement toutes les écoles primaires et secondaires en Angleterre.(3)

La situation est encore plus significative pour la langue chinoise, car malgré son ancienneté et sa richesse en sons (plus de soixante), elle souffre d’un grand handicap, celui de la perte de ses pronoms personnels et de la conjugaison des verbes dans leur temps. Les chinois ont tendance à remplacer le pronom personnel « je » par leur propre nom, de même que pour les autres pronoms personnels par les noms des personnes qu’ils désignent ; pour la conjugaison des verbes ils agissent comme les anglais :ils ajoutent simplement le mot qui définit le temps. Cette élimination progressive de certains mots du vocabulaire d’une langue la rend de moins en moins expressive ; on assiste parfois à la reprise de ces mots perdus à des moments tardifs, ou à leur remplacement par de nouveaux mots empruntés à une autre langue(4) . Cette tendance au remplacement va conduire cette langue à un seuil ou les générations prochaines ne se comprendront presque plus. Tel est le cas du Latin ou des écrits originaux bibliques ; seule une minorité de spécialistes peuvent les lire et les comprendre.

La science du langage universel étudie également les liaisons génétiques entre les langues. Comme on vient de le mentionner on remarque fréquemment dans une langue, la présence de mots empruntés à une autre avec un changement de prononciation pour les accommoder aux sons habituels du peuple qui les utilise. Voici quelques exemples :

Le mot « Talaka » qui trouve son origine en arabe et qui veut dire échappa ou démarra et exprime un mouvement brusque, se retrouve dans l’expression anglaise « Talk » et qui exprime un genre de discourt où seul l’orateur parle, sans qu’il soit interrompu; l’expression anglaise « I amgoing to attend a talk » veut dire je vais assister à un discourt où il n’y aura ni discussion ni commentaire. Comme vous pouvez le constater le mot contient le son « L » mais celui-ci n’est pas prononcé.

Voici un autre exemple dans la langue nipponne qui utilise les terminaisons identiques à la langue arabe : le son « At » pour la troisième personne du singulier féminin : « HyiaAkalat », « Hyiacharibat »

Le son « Tou » pour la première personne du singulier : « Ana Akaltou », « Ana charibtou »

Le son « Na » pour la première personne du pluriel : « Nahnouakalna », « Nahnoucharibna». C’est également vrai pour l’Italien.

Après plusieurs recherches, le docteur Saïd découvre que la flotte Himyarite issue du Yémen avait une certaine domination sur les mers du Japon durant le règne de la dynastie Himyarite, ce qui a entrainé une influence de l’Arabe sur le langage nippon.

En arabe la définition des temps se limite aux trois périodes : le passé, le présent et le futur ; la conjugaison des verbes est aussi simple, car elle est basée sur le changement de la syntaxe du verbe sur trois formes.On dit par exemple :

Au passé : «Akala Ahmed», Ahmed a mangé ;

Au présent : «yakoulou Ahmed», Ahmed mange ;

Au future : «sayakoulou Ahmed», Ahmed mangera.

L’examen génétique des langues nous permet de reconstituer leurs descendances. Certaines langues ont des liens directes et d’autres plus complexes et se ramifient à un niveau plus lointain. La plupart des langues meurent avant leurs descendants et d’autres voient leurs descendants mourir avant elles. La langue arabe par contre est une langue mère qui n’a pu être rattachée à aucun parent et continue de vivre sainement car les sons qui la composent sont bien équilibrés et respirent profondément ; ceci est particulièrement dû aux longues voyelles qui s’insèrent harmonieusement dans les mots.(5)

Le mot « Allah » que le créateur a utilisé pour se nommer est unique de par sa phonétique,et le son qu’il dégage ; il ne trouve aucune ressemblance dans le lexique des sons listés par la science universelle du langage ; c’est un miracle linguistique et une preuve irréfutable pour les non croyants qui se questionnent pour trouver le chemin de la foi. Comme Dieu est unique, son nom l’est aussi. Nulle créature n’a jamais donné ce nom ou tout autre nom qui comporte un son similaire, à soi-même ou à quelqu’un d’autre. Vous pouvez remarquer que le son « L » appuyé, que nous avions désigné précédemment comme critère de bonne santé est précédé et suivi immédiatement du son « A », et cette particularité dans la disposition des lettres d’Allah, lui donne un ton grave et profond aux deux « A » ; ce son est décrit dans la science du langage universel comme un son « écrasant ou dominant ».

Des expériences ont été faites sur les cerveaux humains à l’aide d’un scanner ultra puissant ; elles ont permis aux chercheurs, de visionner le mouvement du flux cérébral lorsqu’une personne parle. Alors que tout le monde croyait que l’hémisphère gauche du cerveau est le siège de la pensée, de la réflexion et de la parole, unedécouverte inattendue a été faiteau cours de cette expérience.Un chercheur du groupe, d’origine Pakistanaise, s’est introduit dans ce scanner pour y subir des tests ; il avait une bonne maitrise de la langue arabe. Il a commencé par prononcer des louanges au créateur en langue arabe et du coup il a été ému de voir que le signal nerveux prenant naissance à la partie arrière du cerveau, passait par le côté droit, au lieu de passer par le côté gauche comme on s’y attendait. Il avait lui-même observé l’événement sur un écran qu’il avait devant lui. Le groupe des chercheurs qui observait le test de l’extérieur ont pensé tout simplement que leur collègue était couché sur son dos. La stupéfaction fut générale lorsque la vérité fut établie. L’un des professeurs s’est glissé dans la machine et a commencé à parler en anglais, en français puis en perse et à chaque fois les signaux passaient à gauche de son cerveau. Plusieurs tests se sont succédés et ont confirmé que les signaux nerveux utilisent le côté droit du cerveau lorsque des mots de la langue arabe sont prononcés, alors que les autres langues passaient à gauche. Cet événement a déclenché chez certains chercheurs non musulmans la décision de se convertir à l’Islam ; depuis, l’un d’entre eux est allé même plus loin : il fait ses ablutions avant de lire ou d’étudier en arabe.

Cette particularité de la langue arabe a immédiatement soulevé certaines réactions et certains islamophobes ont commencé à émettre descritiquesaccusant la langue arabe d’être une langue « égarée » du fait qu’elle n’emprunte pas le même chemin que les autres langues dans le cerveau.

En fait, la plus part des chercheurs qui travaillent sur l’analyse des sons dans l’usage des langues, s’intéressent de plus en plus à la langue arabe et en font leur référence.

Pour la poursuite de leurs recherches les scientifiques ont mis au point un appareil qui leur permet de déterminer le nombre de sons qui composent chaque mot, et voilà ce qui s’est produit quand on prononce le mot « Allah » :

En le décomposant on peut penser aisément que ce nom majestueux se compose d’au moins trois sons. En fait par miracle, l’appareil n’yreconnait qu’un seul. Aucun savant n’a pu trouver à ce jour, d’explication scientifique à cette réalité qui défit notre logique. Ce serait encore une révélation divine sur « l’Unicité d’Allah » :

« Un Dieu unique avec un nom unique fait d’un son unique » ! (6)

Pour plus de détail sur l’émission, vous pouvez suivre le lien suivant :

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