L’Émir Abdelkader, son histoire et son amour pour la vie bédouine

http://www.tenes.info/galerie/albums/TROMBI/Emir_ABD_EL_KADER.jpg

L’histoire a enregistré de façon irréfutable que l’Émir
Abdelkader a combattu avec les faibles moyens dont il disposait l’une des plus puissantes armées de l’époque, l’armée coloniale française. Il l’a tenue en haleine pendant plus de 15 ans. Il est utile de rappeler qu’il n’avait que 24 ans quand il a été investi de la lourde tâche de chef suprême de la lutte (djihad) contre l’occupant français en 1832.
Il avait réussi à rallier avec lui les principales tribus algériennes pour d’une d’une part, constituer son armée, et d’autre part, jeter les bases d’un état capable de prendre son destin en main. Plusieurs historiens le considèrent comme le fondateur de l’état algérien .

L’histoire a retenu de l’Émir Abdelkader qu’il fut l’inspirateur des droits de l’homme comme l’attestent le traitement de ses prisonniers et la défense des chrétiens d’Orient pendant son exil forcé en Syrie.

Ahmed Miloud

Son histoire
«  Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ;
interrogez plutôt sa vie, ses actes, son courage, ses qualités, et vous saurez ce qu’il est. Si l’eau puisée dans une rivière est saine, agréable et douce, c’est qu’elle vient d’une source pure. » (Émir Abdelkader)

Ce vaillant Chef arabe est né près de Mascara vers 1808. Dès novembre 1832, les trois grandes tribus de l’Ouest algérien le portent à la tête de la résistance contre les envahisseurs Roumis(français, ndr), après la proclamation par son père Mohi ed-Din, du Djihad contre les troupes étrangères. Côté français, la conquête de l’Algérie se poursuit avec des fortunes diverses, très souvent tenue en échec par l’Emir Abd el-Kader et ses cavaliers rouges

… émaillée, au cours des années, de quelques traités ( dont celui de la Tafna)… Le 22 février 1841 un nouveau gouverneur général, Bugeaud, arrive à Alger : commencent alors les revers pour l’Emir et ses alliés.
Le 16 mai 1843 : prise de la Smala* d’Abd El-Kader par le duc d’Aumale. Cette facile victoire, obtenue en l’absence de l’Emir, entraîne la soumission de plusieurs tribus.

… émaillée, au cours des années, de quelques traités ( dont celui de la Tafna)… Le 22 février 1841 un nouveau gouverneur général, Bugeaud, arrive à Alger : commencent alors les revers pour l’Emir et ses alliés.
Le 16 mai 1843 : prise de la Smala* d’Abd El-Kader par le duc d’Aumale. Cette facile victoire, obtenue en l’absence de l’Emir, entraîne la soumission de plusieurs tribus.

En juillet 1843, Abd El-Kader se réfugie au Maroc d’où il tente de continuer la lutte jusqu’en décembre 1847. Fuyant le Maroc, il fait franchir à sa Deïra le fleuve Moulouya sous le feu des Marocains qui trouvent cet hôte décidément bien encombrant, depuis leur défaite à l’oued Isly** et la signature du Traité de Tanger du 10 septembre 1844… Ce Traité déclare, entre autres, Abd el-Kader hors la loi « dans toute l’étendue de l’Empire du Maroc aussi bien qu’en Algérie »…. Et voilà comment on spolie tout un peuple, en imposant la loi du plus fort…

Le 23 décembre 1847, après avoir reçu la promesse de pouvoir se rendre avec les siens à St Jean d’Acre ou à Alexandrie, l’Emir Abd El-Kader fait sa reddition au Général Lamoricière.
Il est intéressant de voir comment la France a tenu cette promesse
Ce Traité déclare, entre autres, Abd el-Kader hors la loi « dans toute l’étendue de l’Empire du Maroc aussi bien qu’en Algérie »…. Et voilà comment on spolie tout un peuple, en imposant la loi du plus fort…

Le 23 décembre 1847, après avoir reçu la promesse de pouvoir se rendre avec les siens à St Jean d’Acre ou à Alexandrie, l’Emir Abd El-Kader fait sa reddition au Général Lamoricière.
Il est intéressant de voir comment la France a tenu cette promesse

« Je n’ai point fait les événements, ce sont eux qui m’ont fait. ». (Émir Abdelkader)

Portrait d'Abd el-Kader par Jean-Baptiste Ange Tissier, 1852, Musée de Versailles.

25 décembre 1847 : l’Emir Abd El-Kader quitte le port de Mers-el-Kébir et sa patrie, accompagné de 45 membres de sa famille et de 57 personnes de son entourage qui ont choisi de partager son exil. Malgré l’engagement pris par Lamoricière de les conduire directement à Alexandrie ou Saint-Jean -d’Acre, l’Emir et sa suite sont dirigés vers Toulon sur ordre du gouverneur. D’ores et déjà, ils sont considérés comme des prisonniers et confinés au lazaret* de la presqu’île de Cepet pendant dix jours d’angoisse.

Pendant ce temps malgré quelques voix qui s’elèvent, dont celle du ministre de la guerre Trezel,en faveur de l’exil en Orient souhaité par l’Emir Abd El-Kader et promis par les Autorités françaises lors de sa reddition c‘est le « Vae Victis » qui l’emporte…

Refus formel de ratifier la promesse du Général Lamoricière… Pour l’Emir Abd El-Kader, qui lui, en homme d’honneur n’a qu’une parole… l’incompréhension est totale ; sa colère, qu’il réfrène, se mue en résignation.

Il dira son amertume à son interpréte français Daumas : « Les Beni Snassen Gharaba, qui tenaient encore pour moi, ne voulaient cependant pas que je me livre à vous, et néanmoins je ne me repens nullement du parti que j’ai pris, car, sur la promesse écrite du général Lamoricière, promesse sanctionnée par le fils du Roi des Français, je dois être transféré
à Saint-Jean-D’Acre ou Alexandrie, d’où je gagnerai la Mecque. Les Arabes respireront et moi aussi, j’aurai trouvé le repos… Les honneurs, les biens, les trésors de ce monde ? Tu sais, Daumas, si je les méprise… Je te répète, je n’ai pas d’autre désir que d’aller à la Mecque, lire les Livres Saints, adorer Dieu et m’y faire enterrer après avoir visité Médine, le tombeau de notre seigneur Mohammed.
Mon rôle est fini. Je vous ai donné ma parole. Je ne vous combattrai plus… »

Informé du refus du gouvernement français d’honorer la parole donnée, l’Emir s’exclamera :
 » Je ne puis le croire. Le Maréchal Bugeaud ne m’at-il pas écrit plusieurs fois pour m’offrir de me conduire à la Mecque si je voulais cesser la lutte ? » pour conclure :  » Mais à quoi bon tous ces discours, ne suis-je pas dans votre main ? Vous êtes le couteau et moi la chair. Tranchez comme il vous plaira, je n’ai qu’à me résigner. »

L’Émir et les siens resteront prisonniers quatre ans dans des conditions souvent sordides. La chute de Louis-Philippe n’améliore en rien le sort des Algériens.

Transférés du fort Lamalgue (Toulon) au château d’Henri IV à Pau, puis en novembre 1848 à Amboise – le château a été transformé en prison – les captifs découvrent la beauté du site et les mesures de surveillance  » excessives jusqu’au ridicule. Des sentinelles garnissaient les murs, des patrouilles parcouraient les rues. »… Toute visite et toute correspondance sont rigoureusement interdites par Lamoricière devenu ministre de la Guerre ! Oui, ce même Lamoricière…
Le coup d’Etat du 2 décembre 1851 porte au pouvoir Louis-Napoléon. Le 16 juin 1852, Louis-Napoléon se rend à Amboise pour rencontrer l’Emir Abd El-Kader et lui annoncer sa libération : « Depuis longtemps, vous le savez, votre captivité me causait une peine véritable, car elle me rappelait sans cesse que le gouvernement qui m’a précédé n’avait pas tenu les engagements pris envers un ennemi malheureux… La générosité est toujours la meilleure conseillère… »

En octobre c’est la visite de Paris, la Madeleine, Notre Dame, la Bibliothèque nationale, l’Académie de musique, l’Opéra… Il rencontre de nombreux ecclésiastiques, dignitaires et généraux, dont un de ses anciens prisonniers ; il s’entretient avec Louis-Napoléon dont il est l’un des hôtes d’honneur aux Tuileries lors de la proclamation du Second Empire le 2 décembre 1852.

Puis il regagne Amboise qu’il quitte avec les siens le 11 décembre pour Brousse (Borsa), première capitale de l’Empire ottoman, où le gouverneur de la ville leur fait un accueil chaleureux.

Napoléon III octroie une riche pension à l’Emir Abd El-Kader, qui ainsi, se sent libre à l’égard du pouvoir ottoman et se tient à l’écart de la vie publique. Il peut enfin se consacrer à la fréquentation des lieux spirituels, à la prière et la méditation, à l’étude et la poésie, au bonheur familial, à la correspondance avec avec ses amis…

Un étape sur le chemin qui le mènera à Damas où il s’installe en décembre 1855 dans le quartier El-Amara, près du sanctuaire d’Ibn Arabi, et de la magnifique Mosquée des Omeyyades…

Source :

http://www.salam-akwaba.fr/article-l-emir-abd-el-kader-une-histoire-oubliee-60576553.html

Le professeur Jacques Berque résume l’histoire de l’Émir Abdelkader en ces termes:

« C’est un grand homme qui réunit des qualités guerrières et politiques, un général de cavalerie reconnu par ses ennemis. Il dut abandonner le combat sous certaines conditions. Mais on lui a répondu en le mettant en prison. Durant les dernières années de résistance, la plupart des tribus engagées dans le combat furent complètement razziées.

Abdelkader, qui est un homme de religion, après avoir consulté les « oulémas »a donc décidé d’abandonner une guerre qui devenait de plus en plus meurtrière et de plus en plus nocive.
« La seconde partie de sa vie, Abdelkader la consacra à une autre « espèce de djihad » celui de la réflexion, le djihad philosophique. C’est aussi à ce niveau que séduit la personnalité d’Abdelkader. Car on imagine mal un Bugeaud en retraite, consacrant le restant de sa vie à la mystique.

Dans sa retraite à Damas, Abdelkader consacra une partie de sa vie à approfondir la lecture du Coran. Les écrits d’Abdelkader nous incitent à poser une question sur l’histoire littéraire et sur la renaissance arabo-musulmane et répondre qu’Abdelkader fut le précurseur de la nahdha. Abdelkader ne fut-il pas l’un de ceux qui ont contribué dès alors au renouvellement de la pensée ? C’est-à-dire l’un des promoteurs de la première renaissance qui a servi dans le futur. Voilà un thème qu’il faudra approfondir, devait dire Berque. »

Source :

http://www.dknews-dz.com/article/2493-lemir-abdelkader-vu-par-ses-adversaires-et-ses-admirateurs.html

Voir aussi la conférence de l’historien Benjamin Stora d’Avril 2011 donnée au Musée Branly sur la vie de L’Émir Abdelkader :

https://benjaminstora.univ-paris13.fr/index.php/articlesrecents/251-lemir-abd-el-kader-guerrier-lucide-savant-melancolique.html

L’Émir Abdelkader et la franc-maçonnerie

Tout d’abord l’Émir n’a jamais été un franc-maçon. C’est vrai qu’il avait eu des échanges avec les franc-maçons après qu’ils l’eussent sollicité mais sans que cela fasse de lui un membre actif de la franc-maçonnerie comme c’est expliqué ci-après.

Thierry Zarcone, directeur de recherche au CNRS rattaché au laboratoire Groupe Sociétés Religions Laïcité (GSRL), est spécialiste de l’islam, des systèmes de pensée de l’aire turco-persane ainsi que de la franc-maçonnerie. Dans Le mystère Abd el-Kader. La franc-maçonnerie, la France et l’islam, paru fin janvier au Cerf, il revient sur les interactions entre l’émir algérien et la franc-maçonnerie, mais aussi sur les fantasmes et les récupérations que ces liens ont suscité.

PHILITT : Un flou entoure l’appartenance d’Abd el-Kader à la franc-maçonnerie. Quels éléments vous permettent d’affirmer de façon irréfutable qu’il a bien appartenu à une loge ?

Thierry Zarcone : Les loges maçonniques ont toujours conservé beaucoup d’archives et, sur le sujet, il existe aussi des sources en arabe. Des documents nous montrent que la franc-maçonnerie française a écrit à Abd el-Kader après un événement décisif qui l’a fait connaître dans toute l’Europe et jusqu’en Amérique : en 1860, lors des conflits interreligieux à Damas, il sauve du massacre, grâce à sa milice, plus de 10 000 chrétiens maronites ainsi que des diplomates européens et américains. Il est immédiatement salué en Occident comme un apôtre de la tolérance entre les confessions et un pourfendeur des fanatismes.

Les francs-maçons, très sensibles à l’idée de tolérance et estimant qu’il a toutes les qualités pour être initié, prennent donc contact avec lui. De son côté, l’émir connaît très mal la maçonnerie. Il se laisse cependant convaincre par l’aspect fraternitaire de l’organisation, mais aussi par le fait que celle-ci croit en l’existence de Dieu et en l’immortalité de l’âme. C’est au retour d’un pèlerinage à La Mecque en 1864 que la loge Henri IV, basée à Paris et appartenant au Grand Orient de France, demande à la loge Les Pyramides d’Égypte, installée à Alexandrie mais surtout composée d’Occidentaux, d’initier Abd el-Kader. La cérémonie a lieu le 18 juin 1864.

Comment expliquer l’enthousiasme débordant des maçons à accueillir l’émir qui, lui, s’en désintéressera presque aussitôt ?

Abd el-Kader se désintéresse en effet très vite de la franc-maçonnerie. De retour à Damas, il est très occupé et, intellectuellement, sa grande préoccupation porte sur la mystique et le soufisme. Toutefois, il restera attaché à la franc-maçonnerie et ne la critiquera jamais ; aussi – et cela était jusqu’ici ignoré – l’émir va déléguer à ses deux premiers fils, et en particulier à l’aîné Muhammad, le maintien d’un contact avec les maçons. Ils seront reçus dans une loge du rite écossais à Beyrouth.

De leur côté, les francs-maçons sont très fiers qu’Abd el-Kader ait fait ses faveurs à la maçonnerie – et inventeront le fait que ce soit lui qui les ai sollicités. Ils en sont d’autant plus honorés qu’ils considèrent Abd el-Kader comme le continuateur de la tradition des grands esprits musulmans, dans la lignée d’Avicenne et Al-Fârâbî.

En quoi le cas d’Abd el-Kader est-il symbolique du dialogue Orient-Occident de ce milieu de XIXe siècle ?

Thierry Zarcone

Les francs-maçons admirent Abd el-Kader en tant qu’oriental, mais le voient aussi avec leurs propres lunettes. Le fait de le découvrir en personnage qui a fait preuve de tolérance et d’ouverture a conduit certains d’entre eux à en faire un progressiste. Or, c’est un détournement : il s’intéressait à la modernité et au progrès, mais n’était en aucun cas progressiste. Marqué par la pensée du mufti égyptien Muhammad Abduh, il incarne un réformisme à caractère mystique qui accorde une place importante, mais non prépondérante, à la raison. Son ouverture à la modernité et à sa science restait subordonnée à la tradition religieuse.

Des francs-maçons français ont à l’époque voulu voir en Abd el-Kader leur miroir dans la société musulmane, comme d’autres frères d’aujourd’hui veulent en faire un musulman éclairé face à un islam obscurantiste – et ainsi montrer que l’islam n’est pas fondamentalement mauvais. Par ailleurs, les francs-maçons estiment qu’ils sont porteurs d’une philosophie supérieure et sont imprégnés de l’idée coloniale de mission civilisatrice à l’égard des autres peuples. Dans cet alter ego qu’ils voient en Abd el-Kader se trouve aussi la conviction que l’émir sera leur messager à l’égard des populations orientales islamiques.

L’ouverture à la religion des francs-maçons contemporains d’Abd el-Kader semble étonnante pour le lecteur contemporain. Comment expliquer cela ?

Depuis sa création en Europe en 1717, la franc-maçonnerie exigeait que ses membres croient en Dieu et en l’immortalité de l’âme. Elle plaçait aussi le principe de tolérance religieuse au-dessus des confessions particulières des frères, qui pouvaient donc être chrétiens comme musulmans.

Mais, dans le sillage de la Révolution et de la progression du scientisme, la franc-maçonnerie française va progressivement devenir anticléricale à partir des années 1830-1840, jusqu’à abandonner formellement la nécessité de croire en Dieu en 1877. C’est alors que les loges françaises vont s’ouvrir aux athées, et finir par être majoritairement irréligieuses – ce qui est une spécificité des pays latins (France, Espagne, Italie), au contraire des loges du Nord de l’Europe.

Pour quelles raisons les interactions entre Abd el-Kader et la franc-maçonnerie vont, après sa mort en 1883, gêner le monde musulman au point que cette appartenance ait été niée ?

À la fin du XIXe siècle, la franc-maçonnerie va d’une part évoluer vers l’athéisme en interne et de l’autre être de plus en plus perçue comme un instrument du colonialisme. Cette période correspond aussi à la montée d’un discours complotiste, assimilant la franc-maçonnerie à un réseau occulte aux mains des juifs destiné à contrôler le monde pour le modeler selon leur ordre. Toutes ces raisons vont conduire à un rejet puissant de la franc-maçonnerie dans le monde musulman. Cela explique donc que l’aîné d’Abd el-Kader, Muhammad, ne mentionne ni son appartenance, ni celle de son père – dont il rédige pourtant une biographie très détaillée – à la franc-maçonnerie.

Statue de l’émir sur la place Abd el-Kader, à Alger

En quoi Abd el-Kader est-il devenu, jusqu’à nos jours, un enjeu de mémoire et presque de culte pour les musulmans comme pour les francs-maçons ?

Après avoir été un peu oublié au début du XXe siècle, Abd el-Kader a fait l’objet d’un regain d’intérêt avec le transfert de ses cendres depuis Damas vers l’Algérie, en 1966. Dans ce pays qui venait d’acquérir l’indépendance, l’émir a été érigé au rang de héros national, car il était à la fois un chef de guerre puissant et respecté mais aussi un grand musulman. Ceci explique qu’on ait nié, du côté algérien, son appartenance à la franc-maçonnerie et qu’on ait même des réticences à en parler comme « l’ami des Français ».

Ce regain d’intérêt vaut aussi pour les francs-maçons, qui en réaction vont réaffirmer l’appartenance d’Abd el-Kader à leur ordre. Il est l’objet d’un culte, notamment lorsque sont ressorties ce que j’appelle dans mon livre ses « reliques » – à savoir une médaille, un tableau et quelques documents. Aujourd’hui, il existe deux loges Abd el-Kader à Paris et une au Sénégal.

Les francs-maçons restent toutefois divisés entre eux : certains en font l’apôtre du progressisme alors que d’autres mettent plus l’accent sur la figure de la tolérance et sa croyance en un divin qui transcende les religions – les premiers gardant la dimension philosophique et les seconds l’aspect religieux du personnage. Au fond, tout le monde tire Abd el-Kader de son côté, mais c’est toujours avec de bonnes intentions.

Source :

https://philitt.fr/2019/03/08/thierry-zarcone-les-francs-macons-ont-vu-en-abd-el-kader-leur-miroir-en-orient/

Dr Hamza Benaissa parle de l’Émir et de la franc-maçonnerie

L’occupation de l’Algérie 1830 en images :

https://pin.it/b3wdnuh2fxn3v4

Histoire de l’Émir Abdelkader (vidéos) :

El Kader, ville baptisée au nom de l’Émir Abdelkader aux États-Unis

« Dieu créa le monde plein d’eau pour que l’homme puisse y vivre et créa le désert pour qu’il puisse trouver son âme. »
Proverbe touareg

Poèmes de l’Émir Abdelkader

Émir Abdelkader(1808/1883)

L’éloge du Sahara

Ô toi qui prends la défense des habitants de la ville
Et qui condamne l’amour bédouin
Pour ses horizons sans limites,

Est-ce la légèreté que tu reproches à nos tentes ?
N’as-tu d’éloges que pour des maisons de pierre et de boue ?
Si tu avais les secrets du désert
Si tu t’étais éveillé au milieu du Sahara
Si tes pieds avaient foulé ce tapis de sable
Parsemé de fleurs semblables à des perles,
Tu aurais admiré nos plantes,
L’étrange variété de leurs teintes,
Leur grâce, leur parfum délicieux.
Tu aurais respiré ce souffle embaumé
Qui double la vie,
Car il n’a point passé sur
l’impureté des villes…

Mon épouse s’inquiète

Mon épouse s’inquiète, et pourtant c’est elle qui me connaît le mieux.

«Ne sais-tu pas, ô princesse du foyer, que par mes chevauchées

à travers le pays, j’assure la sécurité de la tribu ?

J’affronte sans peur le défilé de la mort,

et je défends les femmes au jour de terreur.

Les femmes ont confiance tant que je suis là,

alors que l’épouse au khalkhal ne se fie même pas à son mari.

(…) C’est moi qui prends soin des jeunes cavaliers

inexpérimentés comme des lionceaux.

Lorsque mes chevaux, blessés, faiblissent, je les exhorte

«Que votre endurance soit égale à la mienne, Soyez aussi dignes que moi ! »

En temps de guerre, j’expose généreusement ma vie,

et pourtant,en temps de paix, le salut de mon âme est ce qui m’importe le plus.

Demande donc aux Français, ils te diront les massacres

causés par mon sabre et ma lance vibrante.

Demande donc à la nuit, elle te dira comment

j’ai pourfendu sa peau noire en chevauchées nocturnes.

Demande donc au désert, aux collines et aux vastes espaces,

ils te diront comme j’ai traversé plaines et murs de montagnes en cavalcades effrénées.

Ma seule volonté est d’affronter l’ennemi,

et de battre ses redoutables soldats avec mes braves.

Ne t’inquiète donc pas pour moi !

sache que, cadavre rongé par les vers, je serai encore redoutable !

Poème au fils

Si la nostalgie, ô mon enfant
Etreint ton petit coeur chéri
Qui espère un jour de fête et attend,
Le mien brûle, aspire et prie.
J’enferme mon chagrin en silence.
Mon coeur déborde.
Ô patience !

Voir plus :

https://lequotidienalgerie.org/2010/05/13/poemes-de-lemir-abdelkader/

Paysages d’Algérie

Le Tassili

Plus de de 5000 photos et vidéos d’Algérie à voir sur mon compte Pinterest

Ahmed Miloud

Publié par ahmedmiloud

Retraité aime internet,débats,culture."La religion agréée par Allah,Le Dieu Unique, est l'Islam". Tout d'abord bienvenue sur mon blog. Vous y trouverez différents sujets qui pourraient vous intéresser, des réponses à certaines questions existentielles et surtout certaines choses qu'on essaie de vous cacher . Osez crier votre vérité même si elle blesse et ne courbez pas l'échine devant l'adversité. Ma devise : "Le mensonge finit toujours par se briser sur le mur de la vérité."(Ahmed Miloud)

%d blogueurs aiment cette page :