Meurtre de George Floyd : les émeutes de l’ère Covid-19 sont le « langage des sans-voix », dépouillés par l’élite – Le Cri des Peuples

Le meurtre d’un homme noir de 46 ans, George Floyd, par un policier blanc à Minneapolis a déclenché une vague de protestations violentes enracinées dans quelque chose de plus grand qu’un incident terrible de brutalité policière raciste.

Malheureusement, il n’y a rien de nouveau dans les manifestations de masse des Noirs à la suite du meurtre d’un homme noir non armé par un policier blanc aux États-Unis au 21e siècle. Des marches massives et des confrontations avec la police et (dans certains cas) la Garde Nationale ont suivi les « assassinats policiers »  d’Eric Garner (New York, juillet 2014), Mike Brown (Ferguson, Missouri, août 2014), Walter Lamar Scott (North Charleston, Caroline du Sud, avril 2015), Freddie Gray (Baltimore, avril 2015), Philando Castille (Falcon Heights, Minnesota, juillet 2016) et Keith Lamont Scott (Charlotte, Caroline du Nord, septembre 2016).

Troubles à grande échelle récurrents

Avec le meurtre de Floyd, cependant, la réponse est allée au-delà des discours, marches et affrontements habituels des « Black Lives Matter ». Minneapolis a connu quatre jours et nuits de troubles civils, avec plus de 100 bâtiments endommagés ou pillés. Les troubles ont inclus des introductions par effraction dans des points de vente de biens de première nécessité et d’autres biens (« pillages »), et des incendies criminels, y compris l’incendie remarquable du commissariat de police de Minneapolis où étaient basés les quatre policiers complices de la mort de Floyd.

Le maire blanc de la ville a été contraint de présenter des excuses pour le meurtre, et le gouverneur du Minnesota a reconnu le « racisme institutionnel » alors même qu’il déployait la Garde Nationale pour étouffer la rébellion.

http//twitter.com/realDonaldTrump/status/1266231100780744704

Donald Trump a utilisé les réseaux sociaux pour menacer les foules de meurtres de masse autorisés par l’État en tweetant que « lorsque le pillage commence, les tirs commencent », un commentaire que Twitter a qualifié de « glorification de la violence ». La phrase de Trump est un propos célèbre des ségrégationnistes du sud qui réprimaient les manifestations noires durant les années 1960 [C’est le verbatim du chef de la police de Miami, Walter Headley, qui avait promis de violentes représailles aux manifestants noirs en 1967. Il avait également déclaré : « Cela ne nous dérange pas d’être accusés de brutalité policière. Ils n’ont encore rien vu. »].

Puisque personne dans les médias américains traditionnels ne veut l’admettre, rappelons que le pillage est une activité régulière et très organisée de la classe dirigeante aux États-Unis. Le récent plan de sauvetage bipartisan de 2 200 milliards de dollars suite à la pandémie de coronavirus (adopté avec une aumône dérisoire pour aider la majorité de la classe ouvrière du pays) n’en est que le dernier exemple. « Combien », m’écrit le militant de gauche Doug Selwyn, « ont pillé les riches, c’est-à-dire volé grâce à des cadeaux fiscaux et des renflouements… des milliards… sans réelle protestation ? » (Aucune, du moins depuis que l’administration Obama et les gouvernements des villes démocratiques ont décidé de réprimer le mouvement Occupy Wall Street à l’automne 2011.)

La rébellion « Dites son nom, George Floyd » s’est propagée de Phoenix à Columbus, Denver, Memphis, Los Angeles et d’autres villes américaines, avec des milliers de personnes convergeant dans les centres-villes et marchant sur les capitales des États. Des coups de feu ont éclaté dans de nombreuses villes, y compris à Louisville, où la foule s’est levée contre les tirs mortels contre une femme  noire de 26 ans, Breonna Taylor, abattue chez elle en pleine nuit par la police le 13 mars. Dans le centre-ville de Columbus, les manifestants ont occupé les principales artères, brisé les fenêtres de la maison d’État de l’Ohio, brisé les devantures de magasins et pénétré par effraction dans le supermarché DGX, une filiale de Dollar General.

Finalement, les protestations ont atteint la capitale, où des gaz lacrymogènes ont été pulvérisés sur les manifestants devant une Maison blanche fermée à clé.

Pourquoi cette intensité spéciale et prolongée des troubles civils après la mort de George Floyd ? Une partie de la destruction de propriété a été initiée par des Américains blancs de différentes couleurs idéologiques – y compris, allèguent certains, un officier de police de St. Paul agissant comme un agent provocateur en brisant les fenêtres d’un point de vente AutoZone. Les nationalistes blancs et les néofascistes de droite cherchent peut-être activement à déclencher la « guerre raciale » qu’ils préconisent depuis longtemps. Les anarchistes et antifascistes de gauche pourraient saisir une occasion de déclencher le chaos et la rébellion.

Désespoir économique

Pourtant, il va de soi qu’un nombre important d’Américains noirs auraient de raison de s’engager dans de graves troubles civils.

Le meurtre de Floyd, avec un policier blanc écrasant le cou de sa victime pendant au moins huit minutes, rappelle de façon obsédante le meurtre infâme et scandaleux d’Eric Garner par la police de New York. Comme Garner, Floyd était un homme d’âge moyen accusé d’une infraction non violente qui a supplié « Je ne peux pas respirer » tout en étant asphyxié par un officier blanc vicieux dans une agression odieuse filmée par un passant. [En France, rappelons le meurtre du livreur Cédric Chouviat par la police française le 3 janvier, ainsi que Ziyed, Bouna, Théo, Adama…]

Lire plus :

https://lecridespeuples.fr/2020/06/01/meurtre-de-george-floyd-les-emeutes-de-lere-covid-19-sont-le-langage-des-sans-voix-depouilles-par-lelite/

Publié par ahmedmiloud

Retraité aime internet,débats,culture."La religion agréée par Allah,Le Dieu Unique, est l'Islam". Tout d'abord bienvenue sur mon blog. Vous y trouverez différents sujets qui pourraient vous intéresser, des réponses à certaines questions existentielles et surtout certaines choses qu'on essaie de vous cacher . Osez crier votre vérité même si elle blesse et ne courbez pas l'échine devant l'adversité. Ma devise : "Le mensonge finit toujours par se briser sur le mur de la vérité."(Ahmed Miloud)

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