Quand les Américains honorent une icône du Djihad|John Kiser(vidéo)

Mot à dire

L’Émir Abdelkader  ibn Muhieddine Al-Jazaïri est un héros algérien reconnu de la résistance contre la colonisation française de l’Algérie(1830/1847).

L’Émir Abdelkader par Ziani Hocine, 1983, huile sur toile, 100 × 81 cm, Alger, Musée central de l’armée

Sa vie et son parcours sont devenus une source d’inspiration pour tous les peuples du monde comme l’attestent plusieurs écrits d’intellectuels,  historiens et chercheurs de diverses cultures à l’instar  de John W. Kiser, titulaire d’une maîtrise en histoire européenne de l’Université Columbia et d’un MBA de l’Université de Chicago, États-Unis dont vidéo et transcription ci-dessous et de Henri Dunant, fondateur de la Croix Rouge .

Une ville a été érigée en l’honneur de l’Émir aux États-Unis en Iowa qui s’appelle ElKader .

John W. Kiser

Ahmed Miloud

Transcription de la vidéo :


Le New York Times décrivait dans sa notice nécrologique le désignant comme des rares grands hommes de notre époque. Alors, qui était-il ? Qu’est-ce qui faisait de lui un grand homme ? Si grand qu’un nouveau village(aux États-Unis) en 1846 fût nommé ElKader en son honneur?
À l’époque,  l’Émir Abdelkader Al Djazaïri s’est fait un nom à l’international et aux États-Unis en tant que patriote et combattant de la liberté.
Sa lutte pour la réunification des tribus disparates pour résister à la colonisation française. Son expérience n’a eu lieu qu’après trois générations après l’expérience similaire que les Américains ont vécue avec les Anglais.
Pour les français, Abdelkader était un dangereux adversaire à cause d’une arme sans précédent : ses instincts humanitaires. Combiné à son orientation religieuse, cela le pousser à traiter ses prisonniers de la même façon que ses propres hommes au niveau alimentaire et médical, et avec respect.
Les hautes instances françaises faisaient tout leur possible pour cacher de telles informations.
Plus de vingt ans plus tard, ces mêmes instincts humanitaires l’ont poussé à sauver des milliers de chrétiens à Damas(Syrie) au cours des rébellions druzes de 1860. Cela lui valu l’admiration des dirigeants du monde entier, comme le Président Abraham Lincoln, la reine Victoria et le pape Pie IX. Même son ancienne ennemie, la France, lui offrit la médaille de la Légion d’Honneur, sa plus grande reconnaissance du mérite. Son comportement lui a valu aussi l’admiration des dirigeants musulmans comme l’Imam Chamil , le célèbre combattant du Caucase et le Sultan ottoman Abdul Majid 1er.


Aujourd’hui, son buste occupe une place d’honneur au Centre de la Croix Rouge à Genève, au côté de son fondateur Henri Dunant, homme d’affaires suisse et défenseur européen du traitement humain des prisonniers. Le propre instinct humanitaire de Dunant fût renforcé par sa visite d’Alger, où il découvrit les standards inhabituellement élevés que l’Émir exigeait de ses hommes. Ces standards dérivaient de l’application stricte de la loi islamique. Alors qui était Abdelkader ?
Il était un intellectuel, un guerrier, un mystique, un poète, un diplomate dont la foi venait de la tradition soufis du 11ème siècle, celle d’Abdelkader Al-Jilani.
Pour se représenter Abdelkader, les Étasuniens peuvent penser à John Winthtrop, fondateur et gouverneur de la Massachusetts Bay Company, qui s’en tenait aux bonnes règles.
Pour les Algériens, Abdelkader est leur George Washington, et ce  depuis 1962, date de leur indépendance face à la France.
Pour les Étatsuniens, Abdelkader représente une histoire et un modèle de foi cruellement nécessaire aujourd’hui, afin de rééquilibrer la perception de l’Islam, une religion comptant plus de 1,7 milliard de fidèles.
Pour les musulmans, l’Émir est une indispensable source de fierté et un lien avec le meilleur de leur propre tradition, et c’est une raison qui m’a poussé à écrire un livre sur sa vie et son époque.
Pour Abdelkader, sa religion n’était pas une sécurité maintenant la cohésion de son identité, mais une plate-forme pour l’exploration du sens de l’univers de Dieu. Sa théologie était simple : Dieu est Ke plus Grand, plus Grand qu’on pense qu’Il est. Personne ne possède Dieu.
Alors, comment réagissent les musulmans aujourd’hui à l’islam  d’Abdelkader ? Muhammad Khan Nasir, intellectuel conservateur et éditeur du Al-Shajarah Journal au Pakistan, dit au sujet d’Abdelkader :
« Abdelkader n’est pas seulement un symbole du concept musulman de résistance et de lutte contre la domination étrangère, mais aussi l’incarnation des vraies idées théologiques morales et rationnelles enseignées par l’Islam. Premièrement, il n’est pas ébloui par un zèle aveugle le poussant à se battre à tout prix. Au contraire, il est capable de peser le pour et le contre et de prendre de sages décisions. Deuxièmement, il est strictement guidé dans ses décisions par les limites légales et les obligations morales mises en avant dans la Loi divine(Chari’a, ndlr). Troisièmement, son animosité politique envers les Français ne cache pas ce qu’ils ont en commun. Et, enfin,  il peut se mettre lui-même à la place de son adversaire. Il peut observer les complexités d’une situation et comprendre les différents facteurs qui le poussent à suivre un certain déroulement.
La foi d’Abdelkader a inspiré des gens de toutes cultures, comme le cardinal Léon-Étienne Duval, partisan de l’indépendance algérienne. Sur son lit de mort en 1996, Duval prédit que l’Algérie surprendrait le monde un jour.
Je pense que cela se déroule en fait aujourd’hui. Alors que les Algériens poursuivent résolument et pacifiquement un changement de gouvernement, qui rejettent les horreurs des années 1990. Tant Duval que l’Émir auraient été en accord total avec l’apôtre Pierre qui avertissait que la foi seule ne suffit pas: « à la foi, il faut ajouter la vertu, à la vertu, ajouter la connaissance, à la connaissance, la persévérance, à la persévérance, le contrôle de soi, et au contrôle de soi, la piété et l’amour fraternel. »
Abdelkader donnait par-dessus tout de l’importance à la connaissance, mais pas la simple connaissance des choses qu’il voyait comme l’eau de pluie. Il s’agissait plutôt d’une profonde connaissance des voies du Seigneur, pour nous permettre de vivre ensemble en harmonie. C’est ce qu’on appelle la règle d’or ou « aimer son prochain ».
John Kiser, de l’Emir-Stein Center.

Publié par ahmedmiloud

Retraité aime internet,débats,culture."La religion agréée par Allah,Le Dieu Unique, est l'Islam". Tout d'abord bienvenue sur mon blog. Vous y trouverez différents sujets qui pourraient vous intéresser, des réponses à certaines questions existentielles et surtout certaines choses qu'on essaie de vous cacher . Osez crier votre vérité même si elle blesse et ne courbez pas l'échine devant l'adversité. Ma devise : "Le mensonge finit toujours par se briser sur le mur de la vérité."(Ahmed Miloud)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :