En s’attaquant à l’Islam, Macron et ses semblables se mettent du mauvais côté de l’Histoire

Le président français Emmanuel Macron, pour détourner l’attention du peuple français sur les graves crises qu’il traverse, lance ses flèches contre l’Islam et, par ricochet, contre les musulmans. Séparatisme, fermeture des mosquées , expulsion d’imams supposés « radicalistes », liste S, affaire du voile et du burkini, affaire des caricatures, rien n’est laissé au hasard pour taper sur les musulmans !

Le plus grand problème de la France est sa dette publique. En effet, je cite , « Le remboursement du « quoi qu’il en coûte » prôné par Emmanuel Macron dès le début de la pandémie pourrait durer longtemps. Selon une étude d’Euler Hermes, assureur de crédit, la France pourrait mettre 67 ans pour retrouver une dette équivalente à celui d’avant la pandémie. » Ceci d’une part, d’autre part, les pertes faramineuses subies par l’économie française se comptent en centaines de milliards d’euros :

– Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, 120 milliards d’euros ont été perdus durant les 8 semaines de confinement.

– 2020, annus horribilis pour Renault. Le constructeur automobile français a enregistré une perte de 8 milliards d’euros l’an passé, selon des résultats publiés.

– Après avoir perdu 7,1 milliards d’euros en 2020, l’entreprise Air France-KLM a perdu 1,5 milliard d’euros au 1er trimestre 2021 en raison de la crise sanitaire et économique.

L’appel au boycott des produits français par les pays musulmans suite aux caricatures islamophobes a ajouté à la crise économique française, ce qui a poussé les autorités de ce pays à appeler d’y mettre fin .

Les appels au boycott de produits français dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine.
Déclaration➡️ https://t.co/lyfkgSCZfn https://t.co/ywe8fBaEnB

– Perte du contrat des sous-marins avec l’Australie : 56 millards d’euros perdus par la France suite à l’annulation de ce contrat par l’Australie.

– Perte du contrat d’achat des avions français Rafale par la Suisse qui a préféré acheter des F35 auprès des États-Unis, ce qui a emmené le president Macron à annuler la visite de son homologue suisse.

Crise économique française sanglante en 2021 : tous les voyants sont au rouge malgré le faux pessimisme des institutions concernées(FMI)

– Violences policières : les manifestations des français contre les décisions arbitraires du gouvernement Macron sont violemment réprimées. Big Brother ou la dictature à la française ! Voir vidéo :

– La majorité des français ont perdu leur pouvoir d’achat durant le règne de Macron.

– Crise dans l’éducation nationale : le recours à des enseignants précaires et sous-payés sert à masquer la paupérisation de l’école.

Ce qui est décrit ci-dessus n’est que la partie visible de l’iceberg, mais la crise en France revêt plusieurs aspects : retraites, gilets jaunes, répression, dictature sanitaire, etc…

Pour conclure, je cite :

 » En devenant président, Emmanuel Macron a promis de transformer la France en une « start-up nation ». Mais en imitant le système hiérarchique des entreprises, son gouvernement est devenu profondément autoritaire, soumettant les institutions démocratiques à la tyrannie du patron. »

Alors, qui est en crise, l’Islam ou Macron et son gouvernement ? Macron et ses semblables feraient bien de méditer sur ce qu’ils font, car le pouvoir et l’argent ne sont pas éternels. En s’attaquant à l’Islam, ils se mettent du mauvais côté de l’histoire.

 » Ils traitent de mensonge la vérité quand celle-ci leur vient. Mais ils vont avoir des nouvelles de ce dont ils se moquent. N’ont-ils pas vu combien de générations, avant eux, Nous avons détruites, auxquelles Nous avions donné pouvoir sur terre, bien plus que ce que Nous vous avons donné? Nous avions envoyé, sur eux, du ciel, la pluie en abondance, et Nous avions fait couler des rivières à leurs pieds. Puis Nous les avons détruites, pour leurs péchés; et Nous avons créé, après eux, une nouvelle génération. »(Coran 6:5/6)

Ce n’est pas l’islam qui est en crise. C’est Macron et son gouvernement

Manifestations contre les bas salaires et le manque d’emplois à Paris le 17 septembre (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, après trois premières années désastreuses au pouvoir, prépare sa réélection en mobilisant le plus vieux subterfuge de la droite : s’en prendre aux musulmans.

Emmanuel Macron a consacré une grande partie du discours qu’il a prononcé le 2 octobre dernier(2020)dans une banlieue parisienne aux mesures qui seront introduites pour protéger la France contre ce qu’il appelle le « séparatisme », brossant un tableau saisissant de la menace musulmane et de la manière dont il prendra le contrôle de l’islam dans son pays – une religion qu’il déclare « en crise aujourd’hui partout dans le monde ».

Même si l’on accepte cette déclaration absolument sans fondement, force est de constater que la confiance du président français en sa capacité à « résoudre » les problèmes qui affligent une religion partagée par plus d’un milliard et demi de personnes à travers le monde est, en soi, tout à fait époustouflante.

Grèves du secteur public

Peut-être qu’il puise dans le personnage qu’il a présenté lors de sa première campagne électorale en 2017, le Macron qui débordait de confiance en lui et montrait aux Français qu’il avait les choses bien en main.

Le problème est qu’il n’a pas vraiment les choses en main. Les grèves du secteur public qui ont eu lieu au printemps 2018 ont été suivies par le mouvement des Gilets jaunes qui a éclaté en novembre de la même année, lequel a été à son tour suivi d’une grève générale des cheminots l’année suivante.

Cela a clairement démontré que les discours en costumes élégants ne suffisent pas à apaiser les personnes aux prises avec une longue crise sociale, aggravée à plusieurs reprises par le gouvernement Macron et ses attaques contre les travailleurs.

Depuis le début de son mandat, le président français fait face à la fureur populaire contre ses réformes du travail, la hausse des prix du carburant et des problèmes plus vastes tels que le chômage

Depuis le début de son mandat, le président français fait face à la fureur populaire contre ses réformes du travail, la hausse des prix du carburant et des problèmes plus vastes tels que le chômage, le manque de logements abordables, la violence policière et plus encore.

La pandémie de coronavirus a été considérée comme un soulagement partiel pour Emmanuel Macron. Elle a signifié l’introduction de lois exceptionnelles, la répression et un confinement total qui lui ont permis de projeter un sentiment de « contrôle » alors que les gens craignaient pour leur vie et celle des autres.

Mais cette période a également renforcé les nombreux échecs de la présidence Macron. De la réduction des aides publiques et des services sociaux au chômage et à la pauvreté, les problèmes ne se sont pas terminés avec le confinement ; au contraire, ils se sont intensifiés, tout comme la colère.

Demander des comptes

L’État français s’est également retrouvé sous le microscope quand le monde occidental a été balayé par les manifestations du mouvement Black Lives Matter. La France a été tenue pour responsable sur la scène mondiale de la mort de nombreux jeunes noirs et arabes aux mains de la police, en particulier celle d’Adama Traoré, un jeune noir d’une banlieue parisienne pauvre tué en garde à vue. Son cas a mis en évidence, une fois de plus, le racisme systémique si tristement célèbre au sein de l’État français, et si profondément enraciné dans son passé colonial.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale et d’autres grandes villes du pays pour exiger la fin de la violence et la juste sanction des agents impliqués dans ces meurtres.

Les mobilisations ont porté un coup supplémentaire à l’image de changement soigneusement cultivée par Macron. Alors que les petits-enfants des colonisés se battaient contre le racisme et la violence d’État, toutes les déclarations qu’il avait faites au sujet de la reconnaissance de l’impact négatif de l’histoire coloniale de la France sont apparues comme vides de sens.Manifestations contre les bas salaires et le manque d’emplois à Paris le 17 septembre (AFP)

Face à une telle période de bouleversements sociaux, d’insatisfaction et de méfiance à l’égard de l’État, la réponse de Macron a défié l’entendement : il s’est contenté de mettre les bouchées doubles en s’attaquant à certains des plus pauvres et des plus opprimés du pays. Cette réponse non seulement gaspille les ressources de l’État, mais échoue à résoudre une crise économique et sociale de plus en plus grave, une augmentation des taux d’infection au COVID-19 et une saturation des services de santé publique.

Au lieu de s’attaquer à ces problèmes, Macron a dans les faits déclaré que la réduction des libertés civiles serait la priorité de l’Élysée. Ses plans ressemblent de plus en plus à l’approche britannique dite de « contre-extrémisme » : surveiller plus strictement les mosquées, mettre fin à l’importation d’imams de l’étranger et scruter leur financement… Emmanuel Macron reproduit ce qui est devenu la nouvelle norme dans toutes les nations qui se sont engagées dans la « guerre contre le terrorisme ».

Même les organisations sportives et les autres types d’associations devraient être sous surveillance pour servir soi-disant de façade à l’islamisme.

Un racisme profondément enraciné

La stratégie consistant à « former et promouvoir en France une génération d’imams et d’intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République » n’est pas nouvelle.

La France a adopté de telles méthodes lors de sa colonisation de l’Algérie, non seulement dans le domaine de la religion, mais aussi au sein des communautés locales, où elle sélectionnait et « éduquait » une petite minorité d’Algériens surnommés « les évolués ». On attendait d’eux qu’ils adoptent et chérissent les valeurs de la République française, puis qu’ils aillent convaincre le reste de la population algérienne de ne pas rechercher la libération de leur pays.La « crise » française avec l’islam : héritage de 200 ans de brutalité coloniale

Le racisme de la République est toujours profond, même si Emmanuel Macron a tenté par le passé d’engager des discussions sur les horreurs du colonialisme français. La mission civilisatrice se poursuit. Les musulmans doivent être éduqués, même concernant la manière de pratiquer leur propre religion. Sans quoi ils retomberaient dans leurs vieilles tendances barbares et, pire, se rebelleraient contre l’État français.

Même l’utilisation par Macron de « l’islam » en référence à la soi-disant crise, plutôt qu’aux « musulmans », est une façon de présenter le problème comme étant de nature idéologique, fondamental et lié à la religion dans son ensemble.

Cela sert également à se distancier des 5,7 millions de musulmans français qui seront impactés par sa politique. Il n’a aucun intérêt à aborder leurs difficultés, leur présence disproportionnée dans les quartiers marginalisés sur le plan socio-économique, les discriminations dont ils sont victimes dans l’éducation ou l’emploi, les pratiques brutales de l’État à leur encontre. Son programme politique a exacerbé toutes ces questions ; il est dans son intérêt et dans celui de sa base politique de continuer dans cette voie.

Quand le président français déclare qu’il va « défendre la République et ses valeurs et veiller à ce qu’elle respecte ses promesses d’égalité et d’émancipation », il s’adresse bien sûr de manière subliminale à l’extrême droite, mais c’est aussi un moyen de rassurer l’élite qui l’entoure et dont il sert les intérêts.

Une question de libertés civiles

La question ne se limite pas aux musulmans. Une fois qu’une population accepte qu’un groupe racialisé puisse être privé de ses libertés civiles, sa capacité à défendre celles de tous les membres de la société est ébranlée. Une fois que les enseignants, les organisations, les représentants et les clubs musulmans peuvent être surveillés et espionnés, les autres ne tardent pas à l’être.

Les Français ont exigé mieux de leur gouvernement, ils ont exercé des pressions en faisant grève et en se mobilisant dans les rues, et ils ont montré exactement ce qu’ils ressentaient face à sa politique. Aujourd’hui, leur gouvernement a clairement décidé que cela devait cesser et il se tourne vers ses voisins de l’autre côté de la Manche pour trouver une solution.

Son espoir est de galvaniser la droite française pour qu’elle vote pour lui et de diviser une gauche notoirement islamophobe, juste à temps pour les élections

Peut-être que Macron est encore une fois aveuglé par son orgueil démesuré et leurré par l’image qu’il s’est efforcé de construire de lui-même. Il oublie en effet que de nombreux « évolués » ont trahi la colonie et rejoint la lutte algérienne pour la décolonisation.

Son espoir est de galvaniser la droite française pour qu’elle vote pour lui et de diviser une gauche notoirement islamophobe, juste à temps pour les élections.

Notre espoir est qu’en réponse à un mandat présidentiel pavé de dissidence contre l’État et ses institutions, les Français se soulèveront à nouveau et rejetteront cette tentative d’étouffer les libertés politiques sous couvert de lutte contre l’extrémisme.

Ce n’est pas l’islam qui est en crise. C’est Macron, son gouvernement et le système qu’ils essaient de défendre. L’élection de 2022 présente une réelle opportunité de les jeter dans la poubelle de l’histoire.

– Malia Bouattiaest une militante, ancienne présidente du Syndicat national des étudiants britannique (National Union of Students), cofondatrice du réseau Students not Suspects/Educators not Informants et présentatrice-animatrice de « Women Like Us », un programme de la chaîne britannique British Muslim TV.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original).Malia BouattiaMalia Bouattia is an activist, the former president of the National Union of Students, co-founder of the Students not Suspects/Educators not Informants Network and presenter/panelist on British Muslim TV’s Women Like Us.

https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/france-macron-islam-crise-separatisme-musulmans-elections-presidentielles

Ahmed Miloud

Publié par ahmedmiloud

Retraité aime internet,débats,culture."La religion agréée par Allah,Le Dieu Unique, est l'Islam". Tout d'abord bienvenue sur mon blog. Vous y trouverez différents sujets qui pourraient vous intéresser, des réponses à certaines questions existentielles et surtout certaines choses qu'on essaie de vous cacher . Osez crier votre vérité même si elle blesse et ne courbez pas l'échine devant l'adversité. Ma devise : "Le mensonge finit toujours par se briser sur le mur de la vérité."(Ahmed Miloud)

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